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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 07:39
Arnaud Desjardins : Approches de la méditation
(Editions de La Table Ronde - Paris, 1989)
Extraits et résumés


Première partie : Vue d'ensemble

Chapitre 2 : L'érosion des obstacles
[2.4. : pages 62 à 67]


(Page 62)

"Et puis, mais cela prendra des années, c'est l'enjeu d'une existence, pour pénétrer et demeurer dans le grand silence des profondeurs, vous aurez à devenir fondamentalement libre de tous les désirs et de toutes les peurs.

Les désirs sont comme des créanciers : ils vous harceleront, quelles que soient par ailleurs vos aspirations spirituelles, tant qu'ils n'auront pas été satisfaits. Mais retenez bien un point : satisfaits ne veut pas dire accomplis. Cet accomplissement sera souvent nécessaire. Il ne le sera pas toujours.

[...] [Ce qui ne veut pas dire faire] n'importe quoi au nom glorieux de la Libération.


S'il suffisait pour être "libéré" d'accomplir ses désirs de succès, célébrité, richesse, relations mondaines, conquêtes sexuelles, voyages et séjours dans les palaces, les grands jivanmuktas [libérés-vivants] du 20ème siècles seraient Pablo Picasso, Maria Callas, Alain Delon, ou Bernard Tapie. Soyons sérieux.

(Page 63)

[...] [Certains êtres] ont très peu d'attirance pour le monde des formes
[...] [,] ils sont naturellement enclins à la contemplation. D'autres sont intensément attirés vers l'extérieur, sous toutes ses formes possibles, et ce mouvement vers la profondeur d'eux-mêmes leur est extrêmement difficile. [...]

Pourtant [ces derniers] peuvent avoir la nostalgie de Dieu.
Qu'est-ce qui peut leur venir en aide ?
D'abord la vision de la vérité : j'éprouve la nostalgie d'un état d'être qui ne dépendrait d'aucun avoir, d'aucune relation, complet et parfait en lui-même - et, en même temps, ce que je ressens comme "un autre que moi" a tellement d'importance, soit sous la forme des peurs, des craintes et des refus, soit sous la forme des intérêts, des passions, des désirs.

Voyez que vous ["le disciple en vous" ] êtes à l'intersection de ces deux mouvements de la conscience en vous.

(Page 64)

[...] [Divers] "enseignements ont essayé d'aider à ce que la nostalgie de l'intérieur l'emporte sur la fascination de l'extérieur.

[Par exemple dans certains enseignements] bouddhis[tes], [on insiste sur l'aspect "éphémère" et donc sans réelle importance des phénomènes ou on utilise, autre exemple, la visualisation du corps féminin sous son aspect organe et viscères pour éroder chez les hommes l'attirance envers les femmes.]
[...] Mais ce mépris pour la chair [...] risque de nourrir le mental, et d'être une réaction, un mensonge, une hypocrisie.

[...] Une autre démarche [que l'on retrouve notamment] dans l'hindouisme [consiste à dire] "Tant que cet extérieur vous intéresse tellement tenez en compte. C'est quand il aura perdu son pouvoir de facination que vous serez vraiment qualifiés pour la plongée vers le centre."

(Page 65)

[Ce qui signifie] "Quand vous serez vraiment déçus, entièrement déçus, désillusionnés, [...] ou quand vous serez entièrement contentés, comblés [...] vous serez disponibles pour vous tourner vers la Conscience.
[Le maître d'A. Desjardins] utilisait ces deux approches : quand vous serez entièrement satisfaits et quand vous serez entièrment déçus - les deux en même temps."

[...]

[Dans nos sociétés trop de besoins nous sont présentés comme nécessaires à notre bonheur, ce qui rend nombre d'individus insatiables]

(Page 66)

[...] "D'autre part, il est à peu près impossible d'apaiser les désirs puisque les désirs des adultes sont des compensations aux frustrations de l'enfant, donc émotionnelles et enracinées au plus profond du coeur et de l'inconscient. Si un être a pu, à douze ans, combler ses demandes de douze ans, à vingt ans ses demandes de vingt ans et à quarante ans ses demandes de quarante ans, au moment des premiers cheveux blancs, des premières rides, cet être est mûr pour se tourner vers la profondeur et chercher en lui la plénitude du Soi non duel. Cela n'est plus guère le cas aujourd'hui"

[A. Desjardins termine cette partie en nous narrant l'histoire de la prise de conscience du monde, de ses souffrances, par le Bouddha Gautama, de la nécessité d'une recherche d'une réalité non souffrante et non éphémère .]

[Le bouddha Gautama] avait été comblé dans sa jeunesse comme fils bien-aimé d'un roi. On s'était arrangé pour qu'il ne voie jamais la vieillesse ni la mort, mais seulement la jeunesse et la santé. Sortant pour la première fois de l'enceinte du palais royal, il croise un vieillard décrépit : "Qu'est-ce que c'est ? Et tout être deviendra un vieillard ?"
A sa deuxième sortie, il rencontre un malade, jaune, maigre, grelottant : Tout être humain est susceptible de devenir malade ? Moi aussi, je pourrais être dans cet état là ?" Ensuite le Bouddha voit un cadavre : "Qu'est-ce que cet homme qui ne respire même pas ?"
"Moi aussi ?"
Et, pour finir il croise un ascète portant la robe orange des moines hindous, un sannyasin [celui qui a renoncé au monde], au regard vif, lumineux, intense.

(Page 67)


"Il demande à son majordome : "Pourquoi est-il vêtu ainsi, pieds nus, différent des autres, les cheveux rasés ?" Et son majordome lui répond : C'est un homme qui ne s'intéresse qu'à un seul but, savoir s'il existe dans l'être humain une Réalité qui n'est jamais malade, qui ne vieillit pas, qui ne meurt pas."

A partir de là, l'avenir princier du Bouddha est définitivement compromis. Une fête a été organisée au palais, avec des danseuses, des musiciennes, des courtisanes, des amies de son épouse. Quand le Bouddha quitte à jamais le palais, la nuit, toutes dorment, affaissées, vautrées, la bouche entrouverte ; certaines ronflent. Et le bouddha voit dans ce sommeil comme un signe ultime. Quelle dérision de voir ces femmes si séduisantes, si charmantes, et qui paraissent soudain tellement ordinaires, presque vulgaires - comme si cela devait éteindre ses derniers regrets.[...]




Résumé et extraits d'Approches de la méditation d' Arnaud Desjardins .- Editions de La Table Ronde, Paris, 1989.
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Publié par Emmanuel de Lussac - dans Arnaud Desjardins
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Tout comme l'aigle s'en revient à son nid,

à tire-d'aile, lassé de son long voyage.

Ainsi l'âme qui dans le monde relatif et mortel des phénomènes a vécu,

s'en reviendra en elle-même,

Où elle s'endormira, libre de tout désir et de tout rêve

 

 

zafu

 

 

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