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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 06:20
Arnaud Desjardins : Approches de la méditation
(Editions de La Table Ronde - Paris, 1989)
Extraits et résumés


DEUXIEME PARTIE : TETE, CORPS ET COEUR

Chapitre 4 : La conscience du corps

[4.2. : pages 114 à 120]

Maître Deshimaru en zazen
["Extérieurement passivement actif", "intérieurement activement passif"]
[Posture stable, agréable et Vigilance]


(Pages 114 et 115)

"[...] Il est indispensable, soit pour méditer, soit pour se situer en face de quelqu'un dans la vie tout en restant naturel, de pouvoir s'appuyer sur une attitude juste dans laquelle la respiration, le diaphragme, la colonne vertébrale, la circulation de l'énergie en vous sont harmonieusement intégrés.

[Pour se mettre en posture de méditation, pour faire certaines postures de yoga, avec l'expérience on constate que] par le simple relâchement [on peut] gagner en souplesse.
[...]
Il faut entrer dans la posture avec patience."
[...]

(Page 116)

"En même temps que vous progressez dans la posture et le relâchement, vous pratiquez l'abandon ou la soumission au "souffle".

[...]
Sauf dans les exercices particuliers, il n'y a rien à "faire" de spécial. Vous inspirez par le nez, vous expirez par le nez si on ne vous précise pas le contraire, le plus normalement possible. Vous ne forcez ni l'expiration ni l'inspiration, vous encouragez seulement l'expiration à s'accomplir le plus complètement possible.

Rien que par le lâcher-prise et le aller-avec, votre expiration peut s'amplifier.
Le malheur de l'être humain ordinaire ce n'est pas qu'il "respire" mal, c'est qu'il expire mal, comme s'il portait en lui une peur -et il y a certainement une peur, c'est à chacun d'en prendre conscience et de la dépasser -une peur d'expirer complètement. Car le mot expirer signifie à la fois se vider les poumons et mourir.

Tous ceux qui sont un peu informés savent la nocivité de l'air résiduel qui n'est jamais complètement expulsé. Dans des méthodes de culture physiques tant soit peu intelligentes, au lieu d'insister avant tout sur l'inspiration, on vous aide à expirer, expirer de plus en plus profondément, parfois en contractant tous les muscles du ventre pour appuyer encore plus sur le diaphragme.
Si l'on souffre d'un problème respiratoire quelconque, il faut se préoccuper d'abord d'expirer ensuite l'inspiration se fera d'elle-même. Mais là il s'agit d'une expiration forcée.

Or je parle maintenant d'une expiration qui généralement ne se fait pas comme elle devrait se faire, d'elle-même, instinctivement, et qui s'accomplira spontanément si votre attitude d'abandon est suffisante, sans que vous ayez à forcer ou à faire par vous-même quoi que ce soit.
[...]

(Page 117)

[...]
En même temps que vous vous relâchez musculairement, vous vous relâchez psychologiquement, vous vous relâchez mentalement. C'est votre être entier qui lâche. Il n'y a aucun danger.
Que risquez vous dans cette pratique ? Qui va vous agresser ? Oser la non protection. Relâchez physiquement, émotionnellement, mentalement. Ressentez cette attitude : je ne cherche pas à gagner, à conquérir quelque chose. C'est une autre approche. Je cherche simplement à lâcher et je vais avec. Cela ne se produit pas immédiatement, il faut quelques secondes ou quelques minutes.
Vous devez pouvoir détendre des parties du corps qui au début de votre entraînement vous échappent complètement, et même si d'autres parties doivent être contractées, détendre notamment le front, le crâne, le visage, la mâchoire.
[...]

Le premier exercice à pratiquer dans l'assise immobile est celui de la liaison entre le relâchement des muscles les uns après les autres et la sensation interne du corps.
[...]

(Page 118)

[...]
Nous demandons aux muscles de se relâcher mais nous ne pouvons pas les relâcher de force. C'est cela qui doit être bien compris. Vous pouvez par vous-même contracter tel ou tel muscle [...] mais relâcher consiste simplement à ne plus contracter.
Vous pouvez faire du bruit, vous ne pouvez pas faire silence. Par contre si vous cessez de faire du bruit, vous aurez le silence.
Si vous cessez complètement de contracter vous allez peu à peu revenir au relâchement. C'est une demande humble que vous adressez aux muscles.Vous leur demander de vouloir bien renoncer à leurs tensions. Vous ne pouvez pas les obliger à se relâcher, cette attitude en elle-même serait déjà source de tension. Vous ne pouvez pas vous tendre intérieurement pour mieux obtenir une détente du corps. Il y a une habileté à trouver.
[...]
Il existe deux approches du relâchement : [la première] qui fait appel au mouvement [de différentes parties du corps, avec l'aide ou non d'une autre personne.] [...]

[La deuxième]
[...] demande l'immobilité. La règle fondamentale exige : à partir de maintenant je ne bouge plus quoi qu'il arrive. On ne vous demande pas de tenir trois heures de suite, rassurez-vous. Dès que vous bougez, quoi que ce soit, non seulement vous n'aidez pas au relâchement, mais vous revenez à la surface de vous-même, vous faites le jeu des pulsions motrices. Vous avez perdu quelque chose.


(Page 119)

Pour demeurer immobile, il faut une posture que vous puissiez conserver sans qu'elle soit pénible. Peu à peu vous rectifierez celle-ci jusqu'à ce qu'elle vous convienne et soit [...]" à la fois stable" (vous n'avez pas besoin de remuer tout le temps) "et agréable".
[...]
Il y a un petit effort à faire pour se relâcher, au début, un effort pour ne pas laisser les pensées et les distractions vous assaillir, parce que chaque pensée implique un minimum de contraction ou en tout cas un commencement d'impulsion motrice qui correspondrait à la mise en oeuvre de cette pensée mais qui est inhibé par d'autres mécanismes.
Il faut, si vous pratiquez un exercice de relâchement et de sensation du corps, tentez de ne plus penser. Il ne s'agit pas là de regarder les associations d'idées et d'en être le témoin -c'est un autre exercice - mais d'accrocher votre intérêt au relâchement lui-même et, pour avoir une prise plus concrète, à la sensation intérieure profonde des différentes parties de votre corps.
Ensuite viendra la perception en vous de certaines énergies, mais ce n'est pas la peine d'en parler tant qu'on ne l'expérimente pas.

[Swami Prajnanpad] disait " Intérieurement soyez activement passif, extérieurement soyez passivement actif"

"Extérieurement passivement actif" : veut dire actif mais avec un non-agir, un lâcher-prise, une soumission intérieurs.

"Intérieurement, activement passif" : si vous n'exercez pas une certaine activité pour vous rendre passif, vous ne serez pas silencieux intérieurement : vous serez agités, des pensées viendront. La moinde impulsion motrice est une action, une pensée est une action mentale.

(Page 120)

Si vous vous contentez de ne rien faire, "allongez-vous, relâchez-vous faites le vide, ne pensez à rien", au lieu de ne penser à rien, vous allez vous laissez happer par les associations d'idées, les distractions et vous ne serez nullement passif.
Vu du dehors vous resterez immobile mais intérieurement ? Et au bout de quelques temps vous ne serez même plus immobile vu du dehors. Ca va commencer à bouger, le visage, les épaules, les doigts.
Extérieurement, soyez passivement actif, comme un instrument de la vérité ayant une compréhension supérieure à la compréhension ordinaire du mental. Intérieurement soyez activement passif, vigilant.


Résumé et extraits d'Approches de la méditation d' Arnaud Desjardins .- Editions de La Table Ronde, Paris, 1989.
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Publié par Emmanuel de Lussac - dans Arnaud Desjardins
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Tout comme l'aigle s'en revient à son nid,

à tire-d'aile, lassé de son long voyage.

Ainsi l'âme qui dans le monde relatif et mortel des phénomènes a vécu,

s'en reviendra en elle-même,

Où elle s'endormira, libre de tout désir et de tout rêve

 

 

zafu

 

 

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