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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 08:17
Arnaud Desjardins : Approches de la méditation
(Editions de La Table Ronde - Paris, 1989)
Extraits et résumés


DEUXIEME PARTIE : TETE, CORPS ET COEUR

Chapitre 4 : La conscience du corps

[4.3. : pages 120 à 124]

Photo de Ady : Méditation à Sukhotai

(Page 120)


"Je ne dis pas "prenez une posture" mais "entrez dans une posture", celle que vous voulez, une posture que vous puissiez tenir sans bouger, même si elle n'est pas parfaite.
Je vous suggère de choisir la direction du regard  du zazen : à un mètre devant vous, sans rien regarder précisément.
[...]
Méditer les yeux fermés augmente les rêveries [...][à tendance à entraîner l'assoupissement.]

[...]En dehors de la méditation [...]utilisez un exercice  de relaxation profonde pour vous endormir, [....] [ou pour dans] la journée, [...] couper toute activité, déconnecter [...] même si [on ne dispose] que d'un quart d'heure."

(Page 121)

[EXERCICE DE RELACHEMENT]

"[...] Allongé [...] les yeux fermés, vous vous décontractez, vous portez toute votre attention dans le bras [...] la jambe, le front, le ventre, partout, vous relâchez avec l'idée que vous allez entrer consciemment dans le sommeil.
Dans la méditation, vous utilisez ce même exercice de relâchement profond non plus comme une préparation au sommeil mais au contraire comme un exercice d'éveil.

Gardez les yeux, légèrement entrouverts vous permettra aussi de faire de mieux en mieux le lien entre une méditation particulière et l'existence afin que ce ne soit pas deux choses complètement différentes
. Car vous ne pouvez pas vivre les yeux fermés.

Tournez toute votre attention vers l'intérieur [...] [soyez] entièrement dans votre vigilance.
[...]
Doucement, n'opérez pas brutalement cette conversion.

Commencez à sentir : je suis ici, je suis assis ici. prenez une conscience générale de votre présence physique
. Votre pensée vous l'accrochez à cette prise de conscience [...] "Je sens".
[...] Essayez
d'avoir d'abord  une perception globale de vous-même : "Je suis". Sentez votre forme, votre structure autant que vous le pouvez, prenez en conscience.
Comment est placée ma tête, penchée en avant ou en arrière, les épaules, les mains, les poignets, les jambes, le dos, la colonne vertébrale ; essayer de sentir.
Restez bien immobiles et tournez tranquillement votre attention vers l'intérieur.
Essayez d'abord d'abord d'approfondir la conscience de votre présence physique."

(Page 122)

"Le fait de tourner son attention vers l'intérieur, d'arrêter le mouvement des chaînes de pensées, de distraction, d'agitation [...] est une action.
[...] Et cette action, inévitablement, fait lever la réaction correspondante [...] un refus
: "Non, je n'ai pas envie du silence, j'ai envie de continuer à penser, j'ai envie de continuer à bouger."
[...] Dites d'abord oui à ce refus, c'est la seule manière de le dépasser. Soyez d'accord mais ne cédez pas. Oui je suis d'accord pour que cet obstacle intérieur se présente.
[...]

Tranquillement [...] décidez : à partir de maintenant et pendant quelques minutes, je ne bouge plus, une immobilité de statue, même si je m'aperçois qu'il y a des contractions.
Portez [...] tout votre intérêt - il n'y a plus que ça au monde qui compte- dans le relâchement du visage autant que vous le pouvez. Ne faites rien, ne fabriquez rien, sutout ne bougez rien même sous prétexte de relâcher. Uniquement de l'intérieur, détendez, la mâchoire, les sourcils, le front, le crâne.
[...] Ne bougez pas, demandez humblement, demandez à votre crâne de se relâcher, envoyez patiemment comme des ondes de relaxation tout en sentant que ce n'est pas vous qui pouvez faire.

Puis vous portez toute votre attention dans le bras droit et, par l'intérieur, vous essayez d'en avoir la sensation. Toute votre attention se concentre dans la main droite, ne bougez rien, juste relâchez ou tentez de relâcher.
Relâchez le poignet droit, l'avant-bras droit, bien profondément. Plus vous relâchez profondément, plus la sensation intérieure devient précise."

(Page 123)

Détendez toute l'épaule et tout le bras droit. S'il y a un refus de l'exercice, envie de bouger, envie de tout abandonner, ne soyz ni déçus, ni fâchés, ni révoltés, une fois encore acceptez.
Revenez à un rapide contrôle du visage, relâchez le plus complétement possible le front, la mâchoire, le crâne.

Bien, maintenant main gauche, il n'y a plus que cela qui compte. N'acceptez pas de vous laisser emporter par les pensées. Revenez à la sensation. Main gauche, je relâche encore plus, poignet gauche, détente, détente.
Vous pouvez poursuivre avec chaque partie du corps successivement.
Essayez de sentir votre corps entier comme une forme, comme un volume que vous habitez, que vous remplissez de votre sensation.
Dès qu'un muscle se contracte, détendez-le à nouveau.
Toute votre attention est tournée vers l'intérieur et vous prenez appui sur la sensation, vous accrochez votre attention à la sensation, vous occupez votre tête avec la sensation de vous-même.

Laissez la respiration s'accomplir normalement. Prenez conscience que ça respire, une respiration naturelle, calme, et, à chaque expiration, approfondissez encore le relâchement profond de tous vos muscles et la sensation que vous avez. Vivez une attitude de détente qui vous engage entièrement. Lâchez mentalement, complètement. Si une distraction vous ramène à la surface, n'entrez pas en conflit avec elle, ne regrettez rien [...] revenez au relâchement et à la sensation.
Ne perdez surtout pas la conscience de vos deux bras, ne laissez pas des impulsions motrices non conscientes s'emparer de vous, sentez que vos deux bras sont lourds, abandonnés et que, si vous vouliez les bouger, il faudrait réintroduire une certaine tension dans ces bras, une impulsion motrice et une tension.

Essayez, tout en demeurant très conscients du relâchement et de la sensation, de vous représenter que vous allez légèrement lever les deux avants-bras, les deux mains jusqu'à vingt centimètres au-dessus de vos genoux.
 
(Page 124)

Représentez-vous ce qui va se produire. Vous allez envoyer de nouveau une certaine impulsion motrice dans les bras.
Et très consciemment, vous réanimez ces deux bras, sans perdre la sensation, sans perdre le relâchement, juste le minimum d'énergie nécessaire pour que lentement, lentement, en contrôlant bien, les deux bras se soulèvent un peu. Ne perdez pas la sensation. Une contraction est nécessaire, mais pas plus qu'il ne faut.
Lentement, très consciemment, maintenez les avant-bras  à quinze-vingt centimètres au-dessus de vos genoux ou de vos cuisses, et sentez que vous relâchez tout ce qui n'a pas à être contracté.
Exercez-vous à maintenir le minimum de tension pour que les bras ne retombent pas, et, en même temps, détendez.
Gardez la sensation par l'intérieur et, à chaque expiration, relâchez autant qu'il est possible sans que les bras s'abaissent.

Et maintenant en contôlant, lentement, consciemment, toujours avec la sensation, redescendez les bras jusqu'à ce qu'ils reposent de nouveau sur le genou et la cuisse et, de nouveau, lâchez-tout, relâchez, relâchez la main, le poignet, l'avant-bras, approfondissez la sensation que vous en avez.


Résumé et extraits d'Approches de la méditation d' Arnaud Desjardins .- Editions de La Table Ronde, Paris, 1989.
Table des matières

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Publié par Emmanuel de Lussac - dans Arnaud Desjardins
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commentaires

LungTa 23/11/2009 04:31


c'est un bon exercice pour se préparer à entrer ainsi en méditation
d'une manière pragamtique, progressive, "éviter de décoller" et perdre pied

belle semaine à toi

chaleureusement

frédéric ॐ




Emmanuel de Lussac 24/11/2009 06:23


Bonjour Frédéric,

Merci pour ton commentaire-confirmation vis à vis de l'exercice que nous propose A. Desjardins.
Je me souviens avoir bien cru décoller lorsqu'au cours de quelques cours de yoga que j'avais effectués, j'étais tellement bien détendu par ce genre d'exercice que j'ai cru que j'allais m'envoler
par le haut de mon crâne, alors j'ai de nouveau tout crispé !

Dis-moi, c'est quoi ce Tee-Shirt ?
C'est un "cadeau" parce que j'utilise des images sans en demander l'autorisation à leurs auteurs ?
Bon je suis quand même allé voir "hotlink" ici : http://blog-droit.over-blog.com/article-3776310.html et "bandwith"  qui veut dire bande passante ...
Techniquement je ne suis pas sur d'avoir compris le lien entre les deux, j'en ai vaguement entendu parler sur le forum spiritpartage, mais je ne me souviens plus exactement de ce que cela
signifie.
Peux-tu me dire en français, précisément ce que tu entends me dire en m'offrant ce "stupid t-shirt", est-ce par rapport à une image particulère, à la photo de cet article ou d'une manière générale
?
Merci à toi pour cette explication future.

Toutes les images ici, sauf erreur de ma part, en ce cas merci de me le signaler, ont d'abord été enregistrées sur mon ordi puis enregistrées sur over-blog dans ma partie administration, dans mes
documents ; éventuellement, pour une question esthétique, l'apparition de l'adresse URL sous l'image que je ne trouve pas jolie, j'ajoute un lien directement sur l'image vers la page web vers
laquelle je souhaite amener.
Donc ce n'est pas un simple copier-coller de l'image depuis le site d'origine sur mon blog. Si un lien apparaît c'est le lien que j'ai ajouté ensuite, pas l'adresse de l'image. (je dis ça après
lecture de la définition du hotlink)

Il est vrai aussi que je ne demande pas l'autorisation pour utiliser les images que je trouve sur le net. Il est arrivé quelques fois que leurs auteurs, notamment des artistes m'écrivent, mais
jusqu'à présent uniquement pour me remercier d'avoir fait un lien vers leurs sites, ou en me demandant de changer ce lien pour pointer plutôt vers un autre site. Je prends par contre soin de mettre
un lien vers la source où j'ai trouvé la photo, d'en indiquer l'auteur quand je le vois apparaître sur le site. D'ailleurs je vais rajouter le nom a priori de l'auteur de la photo utilisée dans cet
article comme illustration, en me rendant à nouveau sur son blog j'ai aperçu aujourd'hui son prénom qui m'avait échappé la dernière fois.

Il est bien entendu que si on me demandait de retirer telle ou telle image précise illustrant mon blog je le ferai immédiatement, il en est de même pour les textes.

Bonne journée,

Emmanuel


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La Maison d'Emmanuel

     "Tu es Cela - Plus proche que proche - Déjà là" 

___

 

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Tout comme l'aigle s'en revient à son nid,

à tire-d'aile, lassé de son long voyage.

Ainsi l'âme qui dans le monde relatif et mortel des phénomènes a vécu,

s'en reviendra en elle-même,

Où elle s'endormira, libre de tout désir et de tout rêve

 

 

zafu

 

 

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