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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 07:30
Arnaud Desjardins : Approches de la méditation
(Editions de La Table Ronde - Paris, 1989)
Extraits et résumés


DEUXIEME PARTIE : TETE, CORPS ET COEUR

Chapitre 4 : La conscience du corps

[4.4. : pages 124 à 127]

(Page 124)

[La pratique de l'exercice précédent permet] de faire grandir par la sensation, une conscience de votre corps physique, de votre présence physique : annamayakosha, le revêtement du Soi composé de matière grossière ou de nourriture.
Il est dur si vous êtes contractés ou mou si vous êtes relâchés.
Vous pouvez lui donner une certaine forme comme vous donneriez une forme à de la pâte à modeler : l'attitude, la posture.
Vous prenez une position et vous en avez, simplement, la sensation. Il se trouve que cette sensation est liée à la décontraction. Et, si vous avez eu tant soit peu la sensation de la cuisse gauche ou du bras droit, vous pouvez déjà admettre qu'il est possible d'avoir la sensation de toutes les parties du corps simultanément, donc une conscience très précise de votre enveloppe physique.

(Page 125)

A partir du moment où vous percevez l'énergie motrice au repos, vous prenez conscience de pranamayakosha, le deuxième kosha, le revêtement fait de vitalité.
Votre bras droit est animé d'une énergie, mais cette énergie est au repos, à l'état latent, potentiel. Il n'y a plus d'impulsions motrices contrecarrées par une inhibition. Votre bras est complétement détendu mais il est vivant.
Pranamayakosha fait le lien entre le corps physique et le corps subtil.
Cette énergie imprègne, emplit toute votre enveloppe physique. Vous commencez  votre tentative par l'énergie motrice sur laquelle vous avez un certain pouvoir : je lève les bras, doucement, pas plus qu'il n'est nécessaire et je reviens au repos. Voilà que vous commencez à prendre conscience de pranamayakosha et à gagner une certaine connaissance de cette fonction.

Comprenez bien que l'énergie dans votre corps, au niveau de pranamayakosha, c'est-à-dire non plus physique mais physiologique, se manifeste de deux manières.

Une manière qui, normalement, dépend de votre contrôle,
lever le bras, baisser le bras, tourner la tête à droite, tourner la tête à gauche. Ce sont les fonctions motrices qui, d'ailleurs, doivent toutes être éduquées.

Puis vous reconnaissez l'énergie sous la forme des fonctions instinctives
qui, elles, n'ont pas besoin d'être éduquées chez l'homme ni chez les animaux. Vous n'avez pas besoin d'apprendre à respirer, à faire battre votre coeur ou à secréter les sucs digestifs. Toutes ces fonctions s'accomplissent d'elles-mêmes. Mais elles relèvent aussi de pranamayakosha.
En sentant l'énergie immobile, au repos, qui imprègne votre corps entier, première saisie sur pranamayakosha qui est finalement très simple, vous arriverez à une conscience et à une maîtrise de plus en plus grande sur ce kosha.

(Page 126)

Quand vous inspirez, même d'une façon normale sans modifier le rythme ou l'amplitude de la respiration, une énergie, le prana, pénètre en vous, pas seulement l'oxygène, et sur cette énergie, la conscience peut exercer un contrôle.

Vous arrriverez à sentir, en expirant, ce prana qui s'accumule dans telle ou telle région du corps. En même temps que vous expirez, vous pouvez diriger le "souffle" dans chaque partie de votre organisme. Vous avez, par la conscience, un certain pouvoir d'orienter la répartition de l'énergie en vous. Et vous verrez progressivement que cette énergie peut-être transformée, raffinée comme on raffine le pétrole pour en faire du mazout, du fuel et du supercarburant; C'est une question d'exercice.

Avec une attention un peu plus affinée, vous constaterez un échange d'énergie entre vous et l'extérieur qui ne passe pas par les voies respiratoires, le nez, l'arrière-gorge, les bronches, les poumons.
Vous pouvez percevoir que l'air et le prana pénètrent en vous non seulement par le nez mais par toute la surface de votre être comme si vous étiez conscient de la respiration par les pores de la peau. Vous pouvez ainsi vous représenter que votre dos est perméable et que l'énergie penètre en vous à travers celui-ci.
Je peux vous affirmer que cet exercice a un très grand sens. Tôt ou tard, ce ne sera plus pour vous une représentation, mais une perception.
Vous admettez que les ondes des programmes de télévision ou de radio puissent pénétrer en vous et vous traverser mais comme vous n'êtes ni un téléviseur ni un poste de radio, vous ne pouvez pas les capter. Eh bien, il existe des ondes, des vibrations, des énergies, comme vous voudrez, qui circulent dans l'atmosphère, qui pénètrent en vous et que vous pouvez digérer, assimiler si vous êtes suffisamment conscients. Vous verrez qu'il est possible de "recharger ses batteries" [...] grâce à une respiration consciente et notamment cette respiration à travers la surface du corps. Vous pouvez vous nourrir du prana par lequel vous êtes enveloppés, dans lequel vous baignez.

Vous pourrez découvrir le pouvoir de la conscience qui est la source de tout, qui est déjà présente dans le spermatozoïde et l'ovule.

(Page 127)


Le spermatozoïde et l'ovule ne deviendrait pas un être humain après avoir fusionné si cette prodigieuse intelligence qui fait un bébé en neuf mois n'était pas à l'oeuvre. Evidemment, il faut que vous soyez paisibles, silencieux, sans rêveries ou associations d'idées, parfaitement intériorisées.
A partir de la sensation du corps ou de l'énergie au repos vous laissez alterner normalement l'inspiration et l'expiration mais vous en êtes intensément conscients.
A chaque inspiration, vous sentez que, de partout, l'énergie vous pénètre. A chaque expiration, vous sentez que cette énergie se répand dans tout votre organisme ou se concentre particulièrement dans une partie du corps que vous avez choisie.

Il existe de nombreux exercices de plus en plus élaborés fondés sur l'accumulation de l'énergie. Celle-ci, n'étant gaspillée, ni en pensées, ni en rêveries et surtout pas dans le double mouvement d'impulsions motrices et d'inhibitions, s'amasse en vous.
L'énergie s'accumule. Et, en un éclair, on se lève d'un coup, comme un chat qui bondit. Ou l'énergie s'accumule dans le ventre et, à partir de là, vous pouvez émettre un son, un cri qui, avec l'entraînement, peut s'avérer d'une très grande puissance.
Vous arriverez vite, très vite si vous vous exercez régulièrement, à sentir les différents niveaux de raffinement de l'énergie : l'énergie grossière, l'énergie plus subtile, l'énergie encore plus subtile.
Et cette maîtrise commence simplement avec ce petit exercice consistant à sentir que le bras est complètement décontracté puis à envoyer dans celui-ci un peu d'impulsion motrice tandis que tout le reste du corps demeure relâché.



Résumé et extraits d'Approches de la méditation d' Arnaud Desjardins .- Editions de La Table Ronde, Paris, 1989.
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Publié par Emmanuel de Lussac - dans Arnaud Desjardins
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Tout comme l'aigle s'en revient à son nid,

à tire-d'aile, lassé de son long voyage.

Ainsi l'âme qui dans le monde relatif et mortel des phénomènes a vécu,

s'en reviendra en elle-même,

Où elle s'endormira, libre de tout désir et de tout rêve

 

 

zafu

 

 

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