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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 04:54
Arnaud Desjardins : Approches de la méditation
(Editions de La Table Ronde - Paris, 1989)
Extraits et résumés


DEUXIEME PARTIE : TETE, CORPS ET COEUR

[5.3 : pages 159 à 168]

Bien sûr, Ramana Maharshi n’a jamais, même pas une fois à ma connaissance, parlé du hara. Et si l’on regarde les photos du Maharshi, on n’est certes pas frappé par la puissance de son hara, comme on l’est par celle des sculptures gothiques ou celle des maîtres zen ou tibétains. Mais qui d’entre nous peut prétendre à l’illumination du Maharshi qui lui est advenue à l’âge de 17 ans et en quelques minutes?

Quand je dis « C’est dans le hara que vous vous trouverez vous-même » [....]. La dualité n’est pas encore dépassée. Mais au moins ce qui empêche le dépassement de l’ego n’est pas renforcé. Le hara n’éprouve pas de complexe d’infériorité, le hara ne compare pas, le hara ne juge pas, le hara ne pense pas.


Vous savez que la destruction du mental se traduit par la capitulation de la pensée ou des pensées devant la vision. Le centre de gravité dans le bas-ventre est indemne de toutes les maladies de la pensée et du coeur. La destruction du mental ne concerne pas le hara. La purification de l’inconscient non plus. Même si vous êtes névrosés, votre hara est intact.



Il suffit d’une pratique consciente pour retrouver cette pureté originelle. Bien sûr, les émotions ont une certaine répercussion sur le ventre, notamment l’attitude de protection qui consiste à rentrer celui-ci. Mais si vous êtes décidés à dépasser cette habitude, vous y arriverez. Vous serez conscients que dans la peur, par exemple, le ventre se contracte et se rétracte, alors qu’il s’agit au contraire d’abord de le relâcher, ensuite de l’affirmer surtout pas de le rentrer. Ce n’est pas irréalisable. Même un individu infantile, plein de peurs, fragile, à qui les critiques font mal et que les méchancetés atteignent à tous les coups, peut ressentir assez vite un bénéfice appréciable en pratiquant cette discipline de l’expiration dans le hara.




« Moi-même », c’est encore l’ego. Mais enfin, moi furieux ou moi transporté de bonheur, ce n’est pas moi ; moi au comble du désespoir ou moi au comble de l’enthousiasme, ce n’est pas moi non plus, au vrai sens du mot moi, un moi stable, permanent, déjà comparable à ce que l’Inde appelle le fil qui traverse toutes les perles du collier. C’est à ce « je suis » toujours identique à lui-même que vous pouvez inlassablement revenir.


La pensée se tait quand vous vous concentrez dans le ventre. L’émotion elle-même, si elle n’est pas trop forte, fait silence assez vite. Vous découvrez cette force à laquelle vous aspirez tous et que vous recherchez n’importe où, partout où vous pouvez vous raccrocher à quelque chose. [...] alors que la force sur laquelle vous pouvez vraiment compter, vous la trouvez en vous, dans ce ventre si décrié par notre spiritualité mal comprise et qui pourtant se trouve si manifestement représentée dans les peintures et sculptures chrétiennes anciennes.


Dans le hara, je me retrouve vraiment moi – pas moi gai, pas moi triste, pas moi brisé par un chagrin d’amour ou une mauvaise nouvelle. C’est étonnant à entendre mais notre bas-ventre est notre meilleur ami. Et comme il réside en nous, nous l’emmenons partout où nous allons, et il demeure ce à quoi nous pouvons vraiment faire confiance.


L’attitude qui consiste à rentrer le ventre et à bomber le torse est fausse, anti-naturelle et nuisible car elle situe le centre de gravité de notre présence dans le haut de notre structure, ce qui est l’opposé de toute stabilité. Certes, nous pouvons découvrir aussi en nous une énergie fine que l’on sent même monter le long de la colonne vertébrale et qui donc s’élève comme la flamme d’un feu ou la fumée d’un bâton d’encens. Mais d’autres courants d’énergie doivent se diriger naturellement vers le bas. Tous les enseignements ésotériques décrivent l’homme vertical qui unit en lui le Ciel et la Terre.


Avec une certaine pratique, vous pourrez découvrir en vous deux courants d’énergie. Une énergie qu’on peut appeler, au sens hindou du terme, grossière, non raffinée, et pourtant bien précieuse. Cette énergie descend, ce qui produit un dégagement de la tête – et nous avons, comme on dit, la tête légère – ainsi qu’un dégagement du haut du corps – et nous avons le coeur léger.


Et pourtant, vous sentez bien que, tout en appréciant une tête et un coeur légers, il est nécessaire aussi d’avoir un certain poids, une certaine densité. Quand on dit de quelqu’un : « il ne pèse pas lourd », ce n’est certes pas un compliment. Alors par où pouvez-vous peser lourd avec la tête légère et un coeur léger? Si normal, si naturel : par la base.


Cette fondation correspond au triangle formé par nos jambes, quelle que soit la posture de méditation que nous adoptions, et la part de nous qui se situe au-dessous de la ceinture. Si cette partie-là est lourde, notre centre de gravité est à sa place et nous avons par conséquent une solidité. Nous ne sommes pas instables comme une pyramide inversée posée sur la pointe. C’est par ce poids-là qu’on dit d’un homme qu’il a du poids ou qu’il fait le poids. A partir de cette fermeté à la base, le haut, lui, au contraire, peut être léger, comme un arbre solidement enraciné qui peut onduler dans le vent au lieu de se raidir et de se casser. Même le roseau de La Fontaine, qui « plie et ne rompt pas », a des racines.


L’homme moderne a pris l’habitude de se raidir de tout son être, au lieu de trouver son poids dans le bas-ventre. Alors, nous contractons la mâchoire, les épaules, pour essayer de parer aux coups. C’est devenir comme le chêne de la fable – sans avoir la force du chêne. Il n’est même pas nécessaire que « le vent redouble ses efforts » pour déraciner le chêne, alors que le roseau, lui, ne risque rien; il suffit que le vent de l’existence souffle un peu plus fort et notre prétendue force à nous est ébranlée. Nous avons pris l’habitude de nous contracter, de nous centrer dans notre tête qui nous trahit, dans notre coeur et nos émotions qui nous trahissent toujours. C’est ainsi que, dans la peur, nous devenons rigides, figés, sans souplesse, sans flexibilité.


Vous avez peut-être vu certaines sculptures modernes se présentant comme un bloc d’acier lourd d’où partent des tiges, des épis, qui bougent aisément si on les remue. Vous pouvez imaginer un arbre, comme le cyprès par exemple, à la fois souple et solidement enraciné. La base est solide et la cime, elle, peut se montrer flexible, s’adapter aux changements des vents.

La pluie tombe des cieux et elle descend sur la terre; la fumée, au contraire, s’élève vers le ciel. Une fumée monte en même temps qu’une pluie descend, et elles se croisent.


De même, une énergie lourde, abandonnant les épaules, descend en nous et s’accumule dans le bas-ventre, tandis qu’une énergie légère, fine, subtile, s’élève le long de la colonne vertébrale jusqu’au sommet du crâne. Et c’est le dynamisme inverse de ces deux énergies qui fait l’homme en tant qu’être incarné, unissant en lui le Ciel et la Terre.


Mais dans votre manque de structure actuel, c’est le contraire qui se produit. Les énergies grossières envahissent votre coeur et votre tête; aussi disons-nous que nous avons le coeur lourd et la tête lourde. Notre pensée est grossière, nos émotions sont de nature grossière et non pas subtile, et nous manquons d’une vraie force.

Dans le hara vous vous trouverez donc vous-même : moi-même, pas moi directeur, pas moi ouvrier, pas moi heureux en amour ou moi trahi, pas moi admiré ou moi critiqué – moi tout court. Dans la tête vous trouverez le moi le plus conditionné qui soit : les pensées sont l’expression de vos conditionnements en tous genres. Dans le coeur vous trouverez le moi le plus conditionné qui soit : vos émotions expriment aussi vos déterminismes.


« Vos pensées sont des citations, vos émotions sont des imitations », m’a dit Swâmi Prajnanpad. Mais dans le hara, vous sentirez une vie qui laisse loin derrière elle la mesquine vanité de l’ego. Vos « entrailles » sont une région du corps précieuse mais qui vous reste à découvrir.


Vous trouverez « moi », mais un moi intact. Même un névrosé, avec un peu de persévérance dans la pratique, peut retrouver dans le hara un moi intact. Ensuite, vous ferez beaucoup de découvertes intéressantes sur la manière dont vous vivez, c’est-à-dire sur la manière dont ce hara réagit. Parfois, en effet, dans la peur, le ventre se contracte, vous essayez de relâcher et le ventre se contracte à nouveau, jusqu’à ce que vous ayez suffisamment de maîtrise (mais ce n’est pas si difficile si vous le voulez vraiment) pour pouvoir affronter une difficulté avec un ventre affirmé, puissant. Ne soyez pas celui dont on dit qu’il n’a rien dans le ventre. Et si vous affirmez le hara, vous n’avez plus be-soin d’affirmer l’ego, depuis « Comment, mais vous ne savez pas qui je suis! » jusqu’à « Je suis perdu, tout va mal, personne ne souffre comme moi. » Le hara est toujours indemne et il demeure à votre disposition pour peu que vous ayez la maîtrise qui évite de rentrer le ventre dans les circonstances difficiles.


N’imaginez pas que la spiritualité consiste uniquement à s’élever vers le haut : laisser monter les énergies subtiles, purifier la tête et le coeur des fonctionnements grossiers, oui, mais aussi prendre solidement appui sur la terre.

[...]

Si votre centre de gravité est surélevé, le moindre choc vous ébranle, quand ce n’est pas vous démolit. Si votre vrai centre de gravité se situe naturellement à la base de votre architecture, vous pouvez encaisser les coups émotionnels, vous pouvez faire face aux stress. [...]

*

* *

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Cette première conscience de soi est encore égocentrique. Et il y a plus que cela. Le moi, même purifié, représente une limitation puisque affirmer moi, c’est affirmer aussi la réalité de tout ce qui n’est pas moi, donc établir une dualité entre le moi et le non-moi, distinction qui voile le Un, le brahman. Il y a plus. Il y a au-delà du hara.




Maintenant que vous êtes devenu un homme dans la dignité de votre condition d’homme, que vous n’êtes plus un adulte infantile, vous pouvez vous engager sur le chemin réel. Grâce au hara, vous êtes devenu normal et vous pouvez progresser sur la voie qui conduit au supra-normal, un niveau d’être que le mental ne peut pas se représenter, qui n’a rien à voir avec l’expérience habituelle du bonheur, du malheur, des conditions heureuses, des conditions malheureuses : la réalisation du Soi suprême (atman) qui se découvre dans le coeur.



C’est pourquoi j’ai utilisé cette formule [...] : « C’est dans le hara que vous vous trouverez vous-même et c’est dans le coeur que vous trouverez Dieu. » Si au lieu de Dieu, vous voulez dire l’atman, dites l’atman. C’est dans le coeur que vous trouverez la Conscience non individualisée [...].

L’Ultime n’est même plus un moi stable, un moi centré; il se révèle au-delà du moi.




C’est dans le coeur que vous trouverez la Vie qui vous rend libre de toute crainte de la mort. C’est dans le coeur que vous trouverez le Soi, et tout ce qu’a dit Ramana Maharshi deviendra vérité. Silence de la tête, silence des émotions, oublié même le hara. Et, si on peut attribuer un centre à ce qui en fait n’en a pas, l’Infini, l’Absolu, c’est en effet le coeur, la « caverne du coeur » annoncée par les Upanishads, mais le coeur débarrassé des émotions.


« Plus grand que le plus grand, plus petit que le plus petit », ce Soi est décrit en termes volontairement incompatibles pour nous convaincre que le mental ne peut en aucune manière se le représenter. C’est dans le coeur que vous trouverez cette Réalité qui est votre essence ultime, libre de tous les fonctionnements mentaux, émotionnels, physiques et que l’Inde a tenté d’évoquer par les mots sat, chit et ananda : être, conscience, béatitude.



Mais chercher directement à dépasser l’ego, la dualité, l’altérité, comme nous le proposent les Upanishads, est devenu pratiquement impossible pour l’homme actuel. C’est même une question de karma : pourquoi sommes-nous venus nous incarner dans cette société de consommation matérialiste au lieu de nous incarner dans un village du Bengale ou du Bhoutan? Ce n’est pas sans raison et c’est ainsi.


Si vous cherchez à structurer votre ego, à vous donner un peu de poids, de force et de résistance aux chocs ailleurs que dans le hara, vous vous emprisonnez, vous créez une structure qu’il faudra détruire plus tard. Certains sont arrivés à une maîtrise des pensées réelle mais qui n’est pas celle que nous cherchons. Leur intelligence demeure claire, ils disposent d’une objectivité efficace pour résoudre les problèmes concrets, mais ils ont détruit leur propre coeur, ils l’ont anesthésié.


D’autres ont cherché leur force dans leurs émotions préférées : « Je réussis, on m’admire, je suis quelqu’un. » Le succès est en effet une nourriture et peut vous donner une certaine confiance en vous. Mais ce faux point d’appui, qui relève manifestement de l’avoir et non de l’être, vous engage dans une impasse. Un des personnages parmi ceux, multiples, qui vous composent, est devenu dictateur au milieu des autres. Et finalement, vous conservez un ego, un ego de politicien, un ego d’artiste ou même un ego de théologien, un ego qui vous permet de vivre moins pitoyablement, moins péniblement, moins douloureusement, de vous prendre un peu au sérieux, de traîner moins de complexes d’infériorité, de vous détester un peu moins. Mais cette réussite s’avère spirituellement sans issue, alors que dans le hara vous trouverez non pas un centre de gravité frelaté mais un centre neutre et qui pointe déjà dans la direction du dépassement de l’ego. Les vasanas n’affectent pas le hara. Les samskaras n’affectent pas le hara. Les grandes identifications telles que « je suis un pauvre con minable » ou au contraire « je suis le bras droit de François Mitterrand » n’affectent pas le hara.




Le hara, c’est la vie réelle, non déformée par le mental. Par le hara, vous pouvez communier.

Le hara ne vous replie pas sur vous-même : il vous ouvre au monde. Il vous donne la force, mais pas une force qui vous emprisonne. Certains egos puissants sont une prison. Et la seule chance de libération serait la destruction de cet ego par un maître qui ait la violence de Gurdjieff, lequel ébranlait ceux de personnages fortement affirmés dans l’existence. Il y a tant d’exercices dits spirituels que le mental peut récupérer pour sa propre glorification.


L’exercice réel du hara met le mental de côté. Je dis bien l’exercice réel. Si vous vous concentrez sur le hara uniquement avec l’idée d’acquérir un pouvoir sur autrui en quelques semaines, vous trichez et vous vous mentez à vous-même. L’exercice honnête et humble du hara, consistant simplement à sentir la vie de plus en plus intense dans le bas-ventre qui devient alors une réserve d’énergie, est entièrement bénéfique. Il vous apporte cette confiance en vous-même dont vous avez légitimement besoin. Il donne quelques satisfactions indispensables à votre ego qui ne peut plus supporter de se sentir faible et humilié et ne cesse de se comparer aux autres tels qu’il les imagine. Mais ces satisfactions ne sont pas dangereuses et très vite elles ne seront plus nécessaires.


Vous trouverez en vous une force calme, paisible, qui vous donnera confiance et qui commencera à vous faire sentir ce que nous pouvons appeler « communion », « être un avec », un avec la vie, un avec l’énergie universelle qui prend tant de formes différentes. Vous commencerez à sentir votre appartenance, aussi bien physique que subtile, à la totalité. Vous découvrirez que votre corps physique est une cellule du corps physique universel, votre corps subtil une cellule du corps subtil universel, et ce qu’on appelle le corps causal une cellule du corps causal universel.


Cette appartenance à la totalité vous libère de la prison du moi, de toutes les réactions à cette prison, de toutes les fausses compensations à la faiblesse qui est la vôtre si vous vous ressentez comme un infime petit personnage dans un monde menaçant. Ces mécanismes diminuent à mesure que vous trouvez votre vraie force. Les fausses forces ne vous sont plus nécessaires. Vous n’avez plus besoin de vous raccrocher à des choses aussi fragiles que votre compte en banque, votre succès auprès du sexe opposé, l’admiration que les gens vous portent, et toutes ces réalités que la vie peut vous enlever. Car, vous le savez bien, vous pouvez perdre votre situation, perdre votre réputation, votre beauté physique, votre fortune, vous pouvez tout perdre. Alors pourquoi vous raccrocher, pour vous sentir être, à ce sur quoi vous ne pouvez pas compter?


Par contre, le hara, rien ne peut vous l’enlever.

Si ce sont les Japonais qui, pour nous, ont le mieux élaboré cet enseignement, non seulement la statuaire nous montre qu’il a été connu en Occident autrefois mais le langage en témoigne aussi : « être dans son assiette » au lieu de « être dans son hara ». Malheureusement, ceux qui pratiquent uniquement le yoga hindou peuvent passer à côté du hara. Les photographies de yogis au ventre plat nous font envie, comme celles d’uddiyana bandha, pratique dans laquelle le ventre est complètement escamoté, ce qui correspond bien à l’esthétique actuelle prônant des ventres aussi effacés que possible. Comme l’a très bien montré Dürckheim dans ses ouvrages, cette attitude moderne est une erreur et une promesse de frustration.


En fait, et ceux qui ont séjourné en Inde l’ont peut-être remarqué, même les sages hindous montrent aussi au repos un certain ventre. Dans mes premiers livres, j’ai même écrit que cela m’avait surpris et déçu. Ah? Je croyais que le yoga préservait du physique ventripotent des vieux messieurs! Et je me souviens avec amour et gratitude que Swâmi Sivananda Sarasvati de Rishikesh, considéré à juste titre comme un très grand yogi, exhibait généreusement, qu’il soit debout ou assis, son ventre proéminent, comme d’ailleurs bien d’autres maîtres.

Cet enseignement n’est pas une spécialité japonaise. Il a une valeur universelle et, pour vous tous, une valeur très concrète. Mais c’est dans le coeur que vous trouverez l’Infini, c’est dans le coeur que vous trouverez l’Illimité, c’est au coeur de votre coeur que Dieu vous attend.

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Publié par Emmanuel de Lussac - dans Arnaud Desjardins
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Tout comme l'aigle s'en revient à son nid,

à tire-d'aile, lassé de son long voyage.

Ainsi l'âme qui dans le monde relatif et mortel des phénomènes a vécu,

s'en reviendra en elle-même,

Où elle s'endormira, libre de tout désir et de tout rêve

 

 

zafu

 

 

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