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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 14:23
Jean Klein

Jean Klein

Vous dites que nous ne devrions pas commencer par tenter de changer le monde mais notre attitude à son égard. Quand vous dites que l'existence est le film mais que nous ne sommes pas le film, entendez-vous par là que nous sommes la lumière qui éclaire le film?

 

Oui. Vous ne pouvez changer le film parce que tous les efforts pour le modifier relèvent du film.

 

Vous identifier à votre corps et à votre personnalité vous bride, vous rend dépendant. Nos perceptions sensorielles reposent sur les constructions de la mémoire et impliquent un connaisseur. Nous devons étroitement examiner la nature du connaisseur. Cela requiert toute notre attention, tout notre amour. Ainsi vous découvrirez ce que réellement vous êtes. C'est l'unique sadhana. Se résorber dans la conscience de sa vraie nature est liberté. Notre vraie nature prend tout en charge.

 

Les images naissent et meurent dans le miroir de la conscience, et la mémoire crée l'illusion d'une continuité. La mémoire n'est qu'un mode de pensée, elle est purement transitoire. C'est sur ce fondement instable que nous construisons tout un monde de situations. Cette illusion fait obstacle à la claire vision.

 

Lutter pour nous améliorer ou pour progresser ne fait que rajouter à la confusion. Les apparences extérieures peuvent nous induire à croire que nous avons atteint un état de stabilité, que des changements ont survenu, que nous progressons et que nous sommes au seuil de la grâce. En fait, rien n'a changé. Nous n'avons fait que changer les meubles de place. Toute cette activité se déroule dans l'esprit, c'est le roman de notre imagination. 

 

Tout est beaucoup plus simple que cela. Pourquoi faire si compliqué? Ce que vous êtes fondamentalement est toujours là, dans sa globalité. Cela ne nécessite ni purification, ni changement. Pour votre vraie nature, il n'y a pas de ténèbres. Vous ne pouvez découvrir ou devenir la vérité car vous l'êtes. Il n'y a rien à faire pour vous en rapprocher, rien à apprendre. Rendez vous seulement compte que vous essayez constamment de vous éloigner de ce que vous êtes. Cessez de gaspiller votre temps et votre énergie dans des projections. Vivez cet arrêt sans paresse ni passivité, habitez pleinement la fraîcheur que vous trouverez en cessant d'espérer et d'anticiper. C'est aussi votre sadhana.

 

Il n'y a rien à perfectionner dans la réalité. Elle est perfection. Comment pourriez-vous vous en rapprocher davantage? Il n'y aucun moyen matériel pour l'atteindre.

 


Source : http://nondualite.free.fr/c_jklein.htm


 Autres liens vers des textes de Jean Klein


Advaita Vedanta : "Réel - Irréel"

 

Le spectateur a quitté la salle - Franck Terreaux


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Publié par Emmanuel - dans Jean Klein
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commentaires

gazou 10/11/2013 20:28


Je suis d'accord avec ta conclusion.


Puisque nous ne pouvons changer la réalité qui nous est donnée à vivre, portons sur elle un regard positif...C'est cette réalité là, c'est ce chemin là qui est le nôtre et qui peut nous permettre
d'avancer


bonne soirée Emmanuel !

soleil 06/02/2015 08:59

"Vous êtes le Monde"

K.

Emmanuel 14/11/2013 06:41



Bonjour Gazou


Voilà ce que je crois avoir compris aujourd'hui de ce texte, de l'Advaita (non-dualité) en général, dit de manière autre.


La réalité dont il est question ici, dans ce texte, est "la réalité ultime de ce que nous sommes". Rejoindre, dégager cette réalité passe en effet par le regard. Un regard sur ce que nous ne
sommes pas : à savoir tout objet de perception : pensées, émotions, sensations, visions. Impermanents, interdépendants (n'étant pas causes d'eux-mêmes) ces objets perçus, accueillis, sont dits
irréels. La réalité, "ce que nous sommes ultimement" par cette paisible,tolérante  et néanmoins ferme et vigilante discrimination,  apparait alors.


Cette réalité (de ce que nous sommes ultimement) est parfaite : "il n'y a rien à pefectionner dans la réalité". Elle est l'arrière plan, la source de toute manifestation, tels (l'eau) l'Océan et
les vagues...


Envisager une action juste dans le monde passe d'abord par la reconnaissance de ce que nous sommes, par répondre à cette question "Qui suis-je ?", au-delà du mental. S'il y a changement, c'est
parce dans ce cheminement, grâce à ce regard,  l'action est rendue à la vie même, le faux je en ses manifestations reconnues est évanoui, reconnu dans sa nature irréelle. L'action se fait
librement, sans le biais d'un personnage qui n'a pas d'existence réelle, permanente, fruit de la mémoire, du temps : ego. L'action n'est plus le fruit d'un ego tout à a fois avide et tremblant, à
la recherche d'un toujours plus, disqualifiant les autres egos.


Découvrant la réalité de ce que nous sommes, la réalité du monde se découvre.



gazou 09/11/2013 09:07


des pays en guerre...des gens qui meurent dans des conditions atroces, des vies saccagées...c'est aussi la réalité...est-ce la perfection? Ne faut-il donc rien faire pour tenter  d'aider à
ce que la paix et la justice s'accroissent sur cette terre?

Emmanuel 09/11/2013 18:02



Merci pour ton commentaire, la réflexion, les réponses qu'il suscite en moi.


As-tu lu ce que l'Advaita considère comme réel ou irréel, réalité ou irréalité ? Des premières réponses trouvées, d'autres viendront peut-être pour éclairer cela. Le lien à la fin du texte vers
ces réponses je le remets ici : http://maison-ema.over-blog.fr/pages/advaita-vedanta-reel-irreel-8816471.html 


Revenir sur la première phrase du texte : "vous dites que nous ne devrions pas commencer par tenter de changer le monde mais notre attitude à son égard" dit le questionneur.
C'est à cette question que répond Jean Klein.


Selon ma compréhension, dans sa-cette réponse, Jean Klein invite d'abord à une reconnaissance de ce nous sommes vraiment avant d'envisager une vision de ce qu'est le monde, une action dans le
monde.


Je pense que dans sa perspective, une action juste, parfaiitement adaptée à la situation suppose une vision claire du monde de la part de l'acteur, et une vision claire suppose que l'acteur sache
d'abord clairement qu'il est.


Reconnaître la réalité de notre véritable nature, c'est, je crois ne pas me tromper, dans sa perspective, du même coup reconnaître la réalité du monde. (soi = Soi - [atman = Brahman])


La "réalité" qui est ici visée est "l'arrière-plan immuable" en quoi tout se manifeste, et non pas ses manifestations.


C'est cette réalité individuelle qui n'est pas à parfaire, selon Jean Klein, ni même à découvrir mais à laisser être en étant simplement témoin des freins que nous mettons à son expression
(recherche, jugement, culpabilité, espérance, anticipation, purification, volonté de changement, etc.) : "Rendez-vous seulement compte que vous essayez constamment de vous éloigner de ce que vous
êtes"


Pour ce qui concerne l'action dans le monde, là c'est une réponse "personnelle" reposant toute à la fois sur mes compréhensions advaitines et mon expérience. Un individu au fait de sa véritable
nature fait ce qui doit être fait non pas au nom d'une quelconque idéologie individuelle plus ou moins partagée, mais naturellement, spontanément comme ce qui s'impose au moment où cela doit être
fait. Cette action est alors forcément juste, adaptée à la situation, au moment où elle se manifeste. Mais ici il n'y a plus d'acteur, de personne revendiquant une action, même si extérieurement
un individu semble agir, ni même une action bonne ou mauvaise ; il n'y a plus qu'action.


Le souci, à mon avis, avec les acteurs qui veulent changer le monde -j'en suis encore un même si je peux de moins en moins faire taire du même coup en moi le fort soupçon d'imposture sur ce faux
moi qui apparait encore et veut changer le monde- c'est qu'ils ont des visions égocentrées du monde. Leurs égo vont aller à la rencontre, s'opposer au travers de leurs actions à d'autres égo
qu'ils vont vouloir contraindre à leur vision. Et leur action va engendrer alors des réactions opposées, ce qui perpétue les divisions, les luttes, les guerres. Alors qu'une action inspirée sans
filtre égotique par la réalité parfaite que nous sommes rencontrera toujours - à plus ou moins long terme- la réalité parfaite que l'autre est ; ces deux réalités etant la même Réalité. (Voir
plus haut les liens sur atman et Brahman, soi et Soi)


"Sois le changement que tu veux voir dans le monde" disait Gandhi. Et ce "changement" commence par la reconnaissance de ce que nous sommes vraiment. De là notre vision du monde change et notre
moteur de l'action également. Cela n'interdit en aucun cas l'action.


(Cela me fait penser à la notion de non action, non agir : je commence ici une page sur cette notion)


Alors pour répondre un peu plus à ta question par ce qui vient en moi. A la lumière de mon cheminement (vision progressiste des choses qui n'est peut-être pas encore pleinement une vision juste
de ce qui se passe réellement en moi), certains actes de mes contemporains à proximité, dans le monde, continuent d'entraîner en moi des réactions, mais elles sont moins nombreuses, ne durent
pas, parce qu'il est en même temps un parfum de paix, de tranquilité, et un sentiment de "tout est bien" malgré ce spectacle de divisions, parfum, sentiment qui est là tout proche, pour peu que
je laisse m'approcher, m'envahir, m'évanouir, me dissiper en lui.


Et je sais que ce n'est pas à partir de ces réactions que les actions dont je serai le vecteur seront justes, ce n'est qu'établi dans cette Paix dans laquelle "je souhaite un jour m'établir
pleinement" qu'elles le seront. Mais cela ne m'empêche pas par exemple d'aller voter pour des politiques qui mettent l'humain et la générosité au centre de leur programme, de voir l'avidité à
l'oeuvre dans le système politique, économique social actuel. Ou de me joindre à des manifestations syndicales ou politiques même si j'en vois aussi les limites. De soutenir financièrement des
associations carritatives ou un mouvement politique.


Je suis certain par contre que mon cheminement vers ma véritable nature, et celui de milliers, millions d'autres de mes frères et soeurs quels que soient la forme extérieure qu'ils prennent
finiront par faire basculer (comme une idée de masse critique, par "la contagion de l'exemple") concrètement ce monde dans la justice, l'amour et la paix. Même si certains seront établis dans
cette Paix, cette Joie et cet Amour - parce que c'est là notre véritable nature - avant que tout le monde le soit.


 


Bonne soirée Gazou


Au plaisir d'échanger avec toi


 


 



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     "Tu es Cela - Plus proche que proche - Déjà là" 

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Tout comme l'aigle s'en revient à son nid,

à tire-d'aile, lassé de son long voyage.

Ainsi l'âme qui dans le monde relatif et mortel des phénomènes a vécu,

s'en reviendra en elle-même,

Où elle s'endormira, libre de tout désir et de tout rêve

 

 

zafu

 

 

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