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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 05:59
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(Source : Wikipédia, Dharmacakra ou roue du dharma,
avec les 8 rayons représentant les huit membres du Noble Chemin Octuple)

(Article mis à jour le 10/02/2010)

J
e souhaite ici revenir sur les Quatre Nobles Vérités, premier sermon du bouddha Gautama, et plus particulièrement ces jours qui viennent sur la quatrième dit "Le noble chemin octuple"

L'étude des Quatre Nobles vérités est ce par quoi avait commencé mon blog :
Voici les liens vers les articles déjà effectués que je revisiterai sans doute pour affiner ma compréhension, et en clarifier l'exposé :

Introduction aux Quatre Nobles Vérités

La Première Noble Vérité : La souffrance

Les cinq agrégats d'attachement ou khandha

La Deuxième Noble Vérité : l'origine de la souffrance

Pour résumer
ce que sont les Quatre Nobles Vérités, reprendre ce que j'avais indiqué dans l'article d'introduction, la manière dont Peter Harvey, dans son livre : "Le bouddhisme : enseignements, histoire, pratiques" en parle.

"[Cette exposition en quatre points est semblable] à la pratique des médecins du temps de bouddha:
1) diagnostiquer une maladie 2) identifier sa cause 3) déterminer si elle est curable 4) définir un traitement pour la guérir."

La Première Noble Vérité concerne la maladie : la souffrance (dukkha) à laquelle nous sommes tous soumis.

La Deuxième Noble
Vérité concerne la "cause de cette maladie" : l'avidité.

La Troisième
Noble Vérité affirme qu'en éliminant la cause de la maladie une guérison est possible : de la cessation de l'avidité découle la cessation de la souffrance.

La Quatrième Noble Vérité résume la voie menant à la parfaite santé : le
Noble Chemin Octuple ou Voie du Milieu.

Le Bouddha peut être considéré comme un médecin spirituel.
S'étant lui même guéri de dukkha, il s'est efforcé d'aider les autres à atteindre cette guérison.

[Le Bouddha résumait ses enseignements de la manière suivante]
"Dans le passé comme à présent, je n'expose que ceci : dukkha et la cessation de dukkha".


Pourquoi réaborder ce texte premier, et plus particulièrement la Quatrième Noble Vérité.

C'est tout d'abord ce qui me vient en premier (voir la fin article précédent) dans l'examen ces jours d'un "là où j'en suis" en matière de spiritualité.
Comme un retour à l'origine, voir ce que nous avons compris, retenu (donc rejeté), assimilé, et mis en pratique jusqu'à présent des divers enseignements exposés dans ce blog.
Voir ce qu'ils ont suscité comme conséquences en nous.
Aider à l'émergence de questions nouvelles, mais aussi anciennes auxquelles nous n'avons à ce jour pas encore trouvé de réponses intellectuelles ou pratiques.

Cela correspond également à une observation sur mon comportement personnel ces derniers temps (jours, semaines, mois). Elle concerne ma vigilance en matière de paroles produites qui s'est quelque peu relâchée.
Ce qui ne veut pas dire que ma vigilance ne se soit pas absentée ou relâchée pas ailleurs, mais c'est ce qui me marque le plus. (Quelle est cette forme de vigilance ? En quoi et quand cette vigilance me semble être nécessaire ? Sont des questions et des tentatives de réponses que nous aborderont plus loin).
Alors il m'est revenu des expressions, notions déjà survolées, lues ici ou là, qualifiant nos comportements en ce qu'ils sont justes ou pas : parole juste, acte juste, etc.
Aussi j'ai fait une recherche concernant ce que l'on nomme la parole juste, l'acte juste et je suis retombé sur "Le Noble Chemin Octuple", quatrième partie des Quatre Nobles vérités.

J'essaye ici de vous retracer l'histoire de mon cheminement ; je commets sans doute des erreurs, des oublis, effectue des raccourcis, place un événement avant l'autre. Ce qui m'importe ces derniers temps, cela se précise, c'est de dire en quoi ce que je publie me concerne, quel questionnement en est à l'origine. Ce que je découvre, ce que je comprend, quelles sont mes nouvelles questions ou celles restées en suspens.
Ceci sous votre regard. Susciter vos réactions, recueillir vos avis, vos questions, votre compréhension, bref, cheminer ensemble.

Poursuivons.

Le Noble Chemin Octuple du peu que nous en savons aujourd'hui définit une morale, une manière de se comporter (Il me faudrait réviser un peu mon vocabulaire philosophique doit-on parler d'éthique ou de morale ? Nous verrons cela plus tard.) :
la Compréhension Juste, l’Intention Juste, la Parole Juste, l’Action Juste, le Moyen d’Existence Juste, l’Effort Juste, l’Attention Juste et la Concentration Juste.

Quel est mon positionnement vis à vis de la morale en général ? D'où je pars ?
La morale est une chose importante dans ma vie, même si la place qu'elle occupe, la manière dont je l'envisage a quelque peu évolué ces derniers temps.

Non que je sois un être parfait vis à vis d'une morale "universelle" ou particulière et sans doute justement parce que je ne le suis pas.
Une chose est sûre c'est que cela m'a depuis longtemps interrogé et je pense avoir tenté longtemps de me parfaire vis à vis d'une morale (celle inculquée par mes parents, celle héritée de mes premières années chrétiennes, catholiques : cathéchisme, groupe de réflexion paroissial jusqu'à mes dix-sept ans).
C'était l'idéal présent au-dessus de moi, à quoi je me ramenais lorsque je me "perdais".
Mais il y avait alors un jugement présent sur mes "manquements" moraux. (Culpabilité, "péché")
Depuis quelques mois, années, au lieu de partir d'un idéal moral à atteindre, je suis allé un peu plus vers l'intérieur, laissant s'exprimer, faisant confiance à cet intérieur tel qu'il s'exprime au présent.
On dira "oser la spontanéité". En étant témoin de mes mouvements intérieurs et extérieurs cette fois sans jugement, juste voir (pour le moins tendre vers cela).
La vigilance que j'avais sur moi s'est transformée en conscience de moi. Bon, tout n'est pas fluide, je repère quelques moments où je me surveille encore au lieu de me libérer, mais il y a sans aucun doute un progrès dans le lâcher-prise.

Parallèlement-mais le souvenir de l'observation s'éloigne- j'ai cru remarquer, à certains moments que les signaux, alertes, d'une atteinte à ce qui est juste notamment de dire (parole juste), provenaient moins de ma tête-en ce sens que cela ne s'exprimait pas, moins, par
des pensées (du genre "c'est pas bien") mais que cela provenait d'ailleurs.
Oui mais d'où ?
. Comme si tout mon corps, être réagissait de manière globale ?

Et j'ai cru percevoir à ce moment là le choix
de m'exprimer avec justesse ou pas. Et ce qu'on peut appeler la tentation est intervenue : facilité (s'accorder le temps de dire juste semble coûter parfois), peur du silence ou des explications, du conflit, peur de déplaire, etc.
Et souvent jai succombé un goût amer dans la bouche.
Bon je ne me donne pas à la suite, pour avoir succombé, trente coups de fouet mais je crois à ce moment là que je me déçois et c'est bien suffisant.

Bien sûr nous ne sommes pas morts de cela, et nous oublions (enfin pas tant que ça puisque j'en parle ici). Mais nous savons que nous avons là manqué quelque chose.
Je sais, crois comprendre que l'instant qui suit est notre nouvelle chance, ce qui sauve est dans cet instant-renouveau-renaissance. Alors la sérénité revient très vite. Pour autant...

Et plus rarement, pour être juste dans ma parole, cela est de mise aussi ici, une petite fierté ressentie d'avoir su taire quand j'ai perçu ce choix dont je parle plus haut.

Pour finir cette introduction, cette présentation de mon lien, positionnement personnel vis-à-vis du Noble Chemin octuple, il me semble que des préceptes moraux ne sont pas des carcans qui doivent emprisonner l'être, empêcher sa libre expression. Ils sont des lumières, des phares au moment où nous ne sommes pas reliés pleinement à ce qui nous permet de poser tout naturellement et justement tel acte.
Parce que je fais le pari, emets l'hypothèse qu'il est en nous (en ais-je déjà des preuves?), une source de justesse à laquelle nous pouvons nous abandonner.

Mais s'abandonner (là j'ai du mal à mettre en mots cela pour l'instant) qu'est-ce que cela signifie ? Cela ne signifie pas faire n'importe quoi...(Bon je reviendrai là-dessus)
Allez encore un essai de compréhension supplémentaire pour aujourd'hui. Une image pour m'aider peut-être ?.
La posture de méditation est sans doute quelque chose qui peut-être dépassée, oubliée pour atteindre notre nature véritable, néanmoins tant que l'accès au silence du mental n'est pas totalement compris, facilement et naturellement retrouvé, cela reste un moyen efficace d'y parvenir.
Certes parfois nous pouvons peut-être entrer en méditation sans le soutien d'une posture imposée, parce que les conditions sont naturellement réunies pour cela, malgré nous.
Et bien pour les préceptes moraux c'est la même chose pour moi. Ils sont la posture idéale à laquelle se référer quand naturellement nous ne pouvons les respecter.

Voilà j'arrête là mon introduction personnelle, je l'ai remaniée aujourd'hui, 10 février 2010, j'espère qu'elle est plus claire. J'ai conscience parfois d'aborder des débuts de pistes de compréhension plus profondes mais nouvelles elles se définissent encore mal, de manière peu claires. Elles sont pour le moins suggérées.

Nous aborderons dans l'article suivant l'étude du Noble Chemin Octuple, les commentaires que nous trouverons ici ou là sur le net qui retiendront notre attention.

Bonne journée, à bientôt !


 


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Publié par Emmanuel de Lussac - dans Bouddhismes
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commentaires

graux danielle 12/02/2010 11:39


bonjour  emmanuel   ce  qui  est   magique   c  est  que  des  que  l  on  prend  conscience  
de  ces  defauts  il  suffit  simplement  de  se  surveiller  comme  si  on  enquétait  sur  nous  meme  au 
debut  cela  peut  paraitre  un  peu  fastidieux   mais  apres  cela  se  fait  tout  seul   je 
vous   cite  arnaud  pour  le  plaisir  'notre  societe  produit  des hommes  et  des femmes  doues  physiquement 
(tennis   ski   natation)doues  intelectuellement  (  ecole  normale  superieure  polytechnique   ena) cette 
societe    produit  des  arrieres  emotionels  et  debiles  emotionels    manque  de  confiance  en  soi,peur, 
anxiete,susceptibilite,jalousie,timidite,agressivite,orgueuil,et  tous  les  complexes.  lorsque  MA  dit  seconde  nature  elle  veut 
dire  notre  1  nature  est  l ego  donc  seconde  nature  la  veritable    le   
SOI    enfin  il  me   semble...pour  gurdjieff  j  ai  lut  fragment   d  un  enseignement 
inconnu.arnaud  faisait  partie    de  ces  groupes  un  moment. je  souhaite  ne  pas  trop  vous  monopoliser 
les  autres  amis  aussi  ont  besoins  de   vous!!!a  tres  bientot  et  tres  bon  week-  end   danielle.


Emmanuel de Lussac 15/02/2010 04:29


Bonjour Danielle,
Oui je suis d'accord avec vous : "se surveiller" puis "cela se fait tout seul", cela semble être en effet le cas, même si je sens que mon regard doit accompagner plus profondément et aussi dans le
sens où je souhaite explorer ces jours, sur le conseil d'un ami, une conscience, un regard plus souple à l'instant, au quotidien, une autre qualité de regard.
Oui, c'est que je vous disais, je pinaillais sur les mots "seconde nature" "première nature", Dans l'ordre de la découverte je comprends ses mots. "Seconde nature" me gênait, je crois dans le sens
où elle pourrait signifier, non l'émergence de notre véritable nature, mais le remplacement d'un conditionnement par un autre, qui est l'expression d'un questionnement personnel actuel.
Merci pour votre commentaire, aussi votre souci de ne pas me monopoliser.
Bonne semaine !


graux danielle 11/02/2010 10:59


bonjour  emmanuel,   pour  repondre  a  votre  question  un  grand  nombres  d  occasions  de  ne  plus  mentir 
mais  aussi  tant  que  nous  sommes encore  dand  l  ego  l occasion  de     ressucomber   au  mensonge  c
est  la  qu  intervient  notre  libre  arbitre  et  que  nous  choisissont   mentir   ou  pas.  en 
faisant  de  plus  enplus  les  bons  choix  pour  soi   meme  ce  discernement  evolue  aussi. qu  est 
ce   qui  fait  que  nous  operons  un  changement  en  nous? je  vous  repond  pour  moi  bien  sur...c est 
que  la  personne  que  nous  sommes  ne  nous  convient  plus ,  surtout  les  defauts  que  nous  avon,j  ai 
eut  la  chance  de  pouvoir  me  voir  telle  que  j etais  et  croyez  moi  emmanuel  c etait  pas  tres 
beau.j ai  du  desaprendre   pleines  de  mauvaises  habitudes  pour  ensuite  m  auto  reeduquer. qu  est  ce 
qui  favorise  cette  prise  de   conscience? la  perseverance   les  questions  que  l  on  se  pose  quelles 
sont  nos  prioritees  dans  la  vie? moi  personnellement  cest  un  lacher  prise  de  l  ego  a  la  suite  d
une  grande  souffrance  et  bien  sur  toujours  des  questionnements  incessant,cela  a  durer environs  2 ans et  apres 
un  mauvais  choix de  vie  l ego est  reapparu,mais  a  l epoque  j etait  ignorante  de  ce  qui  m arrivait. j ai 
voulu   changer  mais  certes  pas  pour  les  autres  pour  moi  meme  c  a  dire   pour   dieu 
en  moi.les  autres  en  profitent  aussi  mais  au  depart  c  est  pour  soi. oui  on  a  l  impression 
d  etre  guide  je  ne  dit  pas  en  permanence  puisque  l  ego  est  toujours  la  mais  comme  on 
arrive  de mieux  en  mieux  a  le  debusquez  on  n  est  plus  totalement  sous  son  emprise.il  n y  a 
que  2  possibilite  ou  on  est  dans   l ego  ou  dans  le  SOI  , le  petit  ou  le  grand  MOI. 
oui  devenir  le  simple  canal   de  cette  energie  son  instrument  , mais  il  faut  que  ce  canal 
soit  bien  degagé  pour  une  bonne  circulation!!! pour  la  question  de  la  gentilesse  c est  l apprentissage  du 
non,  c est  vrai  on  ne  se  fait  plus  beaucoup  d  amis    lorsque  l  on  sait  dire  non. 
ne  soyons  plus  gentils  soyons  vrais !!!  oui  aussi   se  concentrer  sur  ce  qui  permet   l emergence 
c  a  dire  vivre  le  plus  possible  dans  l instant  present   comme  dit  arnaud  presence  a  soi  
presence  a  DIEU  en  nous. une  petite  citation  de  ma  ananda  moyi  si  vous  pratiquez'samyama' (controle  de 
soi)actions  paroles  et  pensees sont  naturellement disciplinees. pensees  juste,paroles  justes, conduite  juste  deviennent  votre 
seconde  nature.  voila  emmanuel  ai  je  ete   assez  clair  c est  pas  evident  de  mettre  en  mots 
ces  choses  la. avec  toujours  autant  de  plaisir  d  echanger.amities  danielle.


Emmanuel de Lussac 12/02/2010 05:03


Bonjour Danielle,

Oui c'est vrai, je vous cite "en faisant de plus en plus les bons choix pour soi-même notre discernement évolue aussi".
Vous parlez du mensonge : pour l'avoir expérimenté quelques temps, je dirai qu'en faisant le choix de la vérité, on libère aussi une énergie jusque là investie dans le maintien d'une fausse image
de soi pour les autres mais aussi pour soi-même. Cette énergie peut-être réinvestie ailleurs, dans ce qui est bon pour soi, pour les autres. En tout cas le maintien de la vérité, elle, n'épuise
pas. Comme c'est reposant de dire enfin sa vérité, de parler vrai, de tendre vers cette vérité, de se maintenir en elle. Je me souviens avoir ressenti cela.

Oui c'est une chance de se voir tels que nous sommes, même si comme vous le dites ce n'est pas forcément beau. Et que cette laideur peut nous effrayer. Mais le changement, la libération des
souffrances que nous nous infligeons implique cet effort de vision juste de soi.
Arnaud Desjardins dans Approches de la méditation en parle en citant notamment Gurdjieff
"L'Homme doit d'abord découvrir sa totale nullité, sa complète "merdité" ".

lien vers l'article : http://maison-ema.over-blog.fr/article-approches-de-la-meditation-le-hara-et-le-coeur-5-1--42806843.html

Ajouter à cela que cette vision pour qu'elle soit source de libération doit avoir pour qualité "le non jugement", constater, simplement, prendre conscience. Se débarasser de la culpabilité, du
jugement sur soi pour échapper au passé, à ce qui semble pour l'heure figé.

Se débarassant du jugement (enfin tendre vers cela) sur soi, en ayant en même temps une vision juste de soi, prenant conscience de la possibilité d'un choix de créer, de poser de nouveaux actes
permet aussi d'avoir une vision plus directe de l'autre. Plus nous nous percevons, plus nous percevons directement l'autre, en ce qu'il est en apparence, mais aussi en sa nature profonde. Plus nous
prenons conscience que nous pouvons changer, plus nous prenons conscience que l'autre peut changer, moins nous le soumettons à nos jugements.

Vous employez un terme que je ne connaissais pas : samyama : donc de wikipédia, voici la définition (réunion de dharana, dhyana, et samadhi) :

Le Samyama ( संयम en devanāgarī) est un terme sanskrit qui signifie réunir[1] lors de la pratique du yoga, les trois derniers menbres de
l'Ashtanga yoga (les huit membres ou angas) des Yoga Sutras de Patanjali. Il s'agit de:



dharana: la canalisation des sens ou la concentration (fixation sur un objet),


dhyāna: la contemplation dans l'absorption ou la méditation tournée vers l'intérieur de soi-même (attention continue),


samadhi: point culminant de la méditation tournée vers l'intérieur de soi (Samadhi permettant la révélation de la
Conscience à elle-même.


Alors oui, de ce que j'en comprends aujourd'hui, avec des mots qui me sont plus proches : le maintien dans le présent d'un regard témoin (qui voit mais ne juge pas), la pratique de l'assise,
immobile et silencieuse, dans ce regard, favorisent les pensées justes, paroles justes, conduite juste.

Mais doit-on parler (oui je sais je pinaille sur les mots) de "seconde nature" ? Ne s'agit-il pas plutôt de l'émergence de notre "véritable nature"? Notre nature véritable qui se découvre et
s'exprime.

Merci pour vos mots,
Bonne journée,

Emmanuel







graux danielle 10/02/2010 10:20


bonjour   emmanuel   effectivemment  c est  plus  clair .  j aimerai  vous  repondre  sur  la   'morale'  ce 
mot  m inspire  un  carcan  qui  enferme.  je  dirait  pour   remplacer  ce  mot  un  comportement  qui  nous 
convient, le  respect  de  soi  et  des  autres.  ce  respect   nous  accompagne  et  grandit  en   duo  
avec  nous  meme.chacun  de  nous  savons  tres  bien  ce  qui  nous  convient  ou  pas !!! ou  cela se  corse  
c est  que  c est   different  pour   chacun....un  menteur   par  ex.  sait  tres  bien   qu il  ment,a 
lui  de  decider  si  cela  lui  convient  ou  non?  j ai  ete  menteuse  comme  tout  le  monde   je 
suppose....un  jour  j  ai  decider  de  ne  plus   mentir  et  puis  voila  et  ce  n est   pas  les 
occasions   qui  manquent !!!!moralement  le  mensonge  ne  me  convient   pas.   merci  emmanuel  de  pouvoir 
echanger   amities  danielle


Emmanuel de Lussac 11/02/2010 06:22


Bonjour Danielle, Merci pour votre commentaire.

Quand vous dites "ce n'est pas les occasions qui manquent" que voulez-vous dire ?
Qu'il nous est proposé maintes occasions pour nous parfaire ? Dans votre exemple : un grand nombre d'ocassions de ne plus mentir, de dire vrai ?

Oui, nous sommes à même de discerner ce qui nous convient ou pas (petit à petit ?). Ce discernement grandit lui aussi, mais comment ?
Oui, je m'aperçois comme vous que ce respect de l'autre, de nous-même grandit comme vous le dites "en duo" avec nous.

Mais quelques questions demeurent, des éléments de réponses sont sans doute en moi néanmoins :
 "Qu'est-ce qui fait que nous opérons un changement en nous ?" Nous pouvons répondre pour le moins : "Une prise de conscience que cela engendre une souffrance en nous et chez autrui". Mais
est-ce que cette prise de conscience est suffisante ?

Est-ce que nous désirons tous échapper à cette souffrance ? N'est-il pas des instants, des pérodes de notre vies où nous nous complaisions dans la souffrance due à l'imperfection de nos actes ?
N'est-il pas des êtres qui se complaisent dans la souffrance jusqu'au terme de leur vie ? Ne nous complaisons nous pas nous même dans certaines souffrances ? Il nous manquait, il nous manque
encore, ils leur manquent cette prise de conscience, ce discernement. Comment émerge-t-elle ? Qu'est-ce qui la favorise ?

Qu'est-ce qui fait que nous opérons ce changement dans la nature de nos actes ?

Est-ce le fruit d'une volonté consciente ? Ne plus faire ceci, cela volontairement ?
Dit autrement : en bridant notre personne dans ces automatismes de production de certains actes ? Il doit alors nous apparaître clairement que le bénéfice à ne plus faire ceci offre un gain plus
important pour notre petite personne.

Est-ce le fruit d'une volonté consciente du petit je uniquement ? N'est-il pas un moteur plus puissant à cela, plus grand que notre petit je qui mesure en terme de pertes et de bénéfices pour
lui-même ? Et quelle est cette chose qui grandit en nous, qui peut-être prend de plus en plus de place au fur et à mesure que notre discernement grandit ?

J'ai du mal à organiser ces questions, et à les préciser. Mais bon encore poursuivre un peu cet effort. J'ai l'impression de tourner autour de ce que je veux dire, souhaite apercevoir.

Devenir un être plus respectueux de soi et d'autrui est-ce le fruit d'un désir de coller à un idéal, de le réaliser pour se trouver beau et que les autres nous trouvent beau ? C'est-à-dire de
remplacer un ensemble de conduites par un autre pour se valoriser à nos yeux et aux yeux d'autrui, cet ensemble de conduites étant valorisées par la société petite ou grande à laquelle nous
appartenons ou souhaitons appartenir ? Moteur : amour de soi, amour des autres pour soi, être reconnu par soi, par les autres dans une belle image de soi.

Ou est-ce se rattacher, puiser la source de nos conduites, au-delà de nous-même, de notre petit je, qui fait que volontairement on ne produit plus rien volontairement, mais que l'on est agit plus
que l'on agit ?
Cela suppose bien entendu qu'il est un au-delà de nous-même, inconscient, peut-être plus grand que cet inconscient, une intelligence en laquelle nous pouvons nous "abandonner", avoir confiance.

Mais peut-être que la compréhension de cela s'est faite en deux temps pour moi. D'abord se reférer à un ensemble de conduites valorisées par mon (mes) groupe(s) d'appartenance ou de référence, et
s'efforcer volontairement de les respecter pour se trouver beau et être reconnu comme tel par les autres.
Puis comprendre, espérer, peut-être avoir la preuve de plus ou moins consciemment (en avons-nous des preuves, ? Examiner cela plus tard), l'intuition de, entendre pour le moins la parole d'autres
nous dire qu'il est en nous une force, une puissance, une intelligence qui sait mieux que nous, ce qui est bon pour nous et les autres que nous produisions comme acte. Et peut-être devenir le
simple canal de cette intelligence, son instrument.

Là plusieurs choses me viennent : mon raport à la gentillesse, être gentil pour faire plaisir à Maman puis aux autres, quand on commence à s'écarter de son giron. Puis voir que cette gentillesse
nous nuit finalement. Elle nous nuit souvent en cela que nous bridons en nous des paroles nécessaires pour ne pas être envahis par autrui en notre espace vital : "stop ! là tu me marches sur les
pieds et ça me fait mal". Alors commencer à dire non pour se préserver, souvent, fort, en colère, forcément par excès, l'apprentissage du non.
Puis recommencer bizarrement à dire oui, ou à laisser dire, faire même si cela peut dans un premier temps sembler porter atteinte à notre intégrité parce que nous percevons plus finement, en
situation, l'instant où ça se produit, les protagonistes en jeu. Parce que nous faisons l'hypothèse  d'une autre identité que le je suis social, plus profonde, plus forte, plus résistante aux
"coups" portés, et en fait si nous en croyons diverses voix : indestructible et immortelle.

Alors en conclusion, avant d'aller plus loin dans l'étude du "Noble Chemin Octuple", je pense que l'acte juste se définit comme un acte qui s'impose à nous, en situation, conscient, présent à
nous-même. Plus qu'un acte qui serait le produit d'une recherche d'une belle image de soi pour être reconnu par soi et par les autres membres de tel ou tel groupe de référence ou
d'appartenance.
Alors finalement pour atteindre un objectif de perfection de nos actes, ne devons-nous pas nous concentrer sur ce qui permet l'émergence de ce lien à ce je suis plus grand que nous-même, à cette
force, à cette source ?
Se concentrer sur cela plus que sur les actes eux-même, en ce qu'ils ont de particulier ?

Et peut-être même oublier l'objectif de perfection ? Là, cela me semble aujourd'hui plus osé pour le petit je du jour. S'abandonner, se relâcher houlala...

Se concentrer moins sur nos manquements à un idéal de perfection mais plus au fait que notre lien (supposé ?) à la source qui produit l'acte juste n'est plus à ce moment là. Juste constater et
poursuivre.

Allez encore un mot. Je me questionnais tout à l'heure sur les preuves en ma possession de cette force en nous qui produit l'acte juste. L'exemple qui me vient est cet étonnement il y a quelques
mois de cela, d'une parole qui semblait venir de plus loin que moi lors d'une conversation avec une amie, une parole qui ne fût le fruit d'aucun effort, qui semblait ne pas être produite par moi et
pourtant sortait de ma bouche, fluide, profonde, certaine.
Il arrive que je relise parfois ce que j'écris dans ce qui me semble être un moment inspiré, de trouver cela beau, juste, de savoir que je l'ai écrit et que pourtant je m'y sente étranger.
Là sans doute encore une preuve de cette connection à un plus grand que moi.

Merci Danielle pour cet échange. Bonne journée.




gazou 09/02/2010 08:28


Tu as raison : se décevoir est bien suffisant, pas besoin en plus d'une punition...
merci d'avoir remis tes précédents articles...je t'avais mis un commentaire mais il a disparu ou il n'a jamais paru, peu importe..J'attends la suite de ton article avec intérêt...Trouver la parole,
juste le geste juste..me paraît essentiel...Bonne journée , Emmanuel !


Emmanuel de Lussac 10/02/2010 06:48


Bonjour Gazou. J'ai remanié ce présent article aujourd'hui pour le rendre plus clair, pour expliquer mieux encore mon positionnement.
Désolé je n'ai pas vu ce commentaire dont tu me parles. Il est certain qu'en supprimant mes deux précédents articles, en les remisant dans mes brouillons, j'ai du coup, supprimé les commentaires
qui y figuraient. Mais je les avais lus, et je vous avais fait à chacun une réponse que vous aviez déjà du lire. Un moindre mal que j'occasionne. Je vous prie de m'excuser pour le reste.
Merci pour ta lecture attentive de mes articles, de tes commentaires.
Bonne journée !


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Tout comme l'aigle s'en revient à son nid,

à tire-d'aile, lassé de son long voyage.

Ainsi l'âme qui dans le monde relatif et mortel des phénomènes a vécu,

s'en reviendra en elle-même,

Où elle s'endormira, libre de tout désir et de tout rêve

 

 

zafu

 

 

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