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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 06:10

 

"ADVAITA : un mot Sanskrit qui signifie " [non] deux ". non dualité -

[VEDANTA : littéralement : "aboutissement du Veda"]

 

"L’Advaita [Vedanta, fait partie d'une] des six écoles de la philosophie hindoue orthodoxe [...]


1) nyaya

2) vaisesika

 

3) samkkhya

4) yoga  : système de Patanjali, qui vise à unir l'esprit individuel avec Isvara, la forme manifestée de l'Absolu. Il entretient des relations étroites vec le samkhya et ses pratiques ont certains liens avec le Bouddhisme.

 

5) purva mimamsa

6) uttara mimamsa : s'intéresse surtout aux parties récentes des Vedas,[...] les Upanishads, généralement nommées le Vedanda. Fondée par badarayana, auteur des brahmasutra-s, elle regroupe trois écoles principales :

- dvaita, la philosphie dualiste associée au philosophe madhva

- advaita, non-dualisme associé à shankara

- visistadvaita, le non-dualisme qualifié associé à ramanuja

 

(uttara signifie "plus tard, ensuite, postérieur" et aussi "supérieur, chef, excellent")"

livre advaita vedanta

 

extrait de : L' Advaita Vedanta : théorie et pratique - Dennis Waite - Editions Almora - Paris, mars 2011 pages 14 à 15


 

 

["La non dualité est une expérience dans laquelle il n'y a pas de séparation entre un sujet et un objet, entre un "moi" et le reste de l'univers, entre un "moi" et Dieu.

C'est l'expérience de la conscience pure, notre nature véritable se révélant comme bonheur absolu, amour et beauté [...]" -

 


Tout ce qui peut être dit au sujet de l'expérience non-duelle, y-compris ces mots, est, au mieux, une pâle approximation au niveau conceptuel, un simple panneau indicateur qui pointe vers l'expérience sans être l'expérience. La tradition du Boudhisme Zen emploie la métaphore du doigt pointant vers la lune: Bien que l'un pointe vers l'autre, doigt et lune appartiennent à deux planètes différentes.

 

L'Advaita transcende toutes les religions, philosophies et nationalités. Il ne divise point, mais au contraire unifie. Alors que des membres sectaires de religions différentes ne peuvent jamais tomber d'accord sur leurs concepts de Dieu, des sages de provenances les plus diverses ne peuvent jamais être en désaccord sur leur commune expérience de la non-dualité. Les fondateurs de toutes les grandes religions étaient des sages.

 

 

La non-dualité est au coeur même de l'Indouisme, du Soufisme, du Boudhisme Zen, du Shivaisme et des enseignements du Christ:


Indouisme: <<Ce qui n'est pas (l'univers objectif en tant que séparé du Soi) ne saurait venir à l'être, et ce qui est (le Soi) ne saurait cesser d'être.>> (Baghavad gita)


Indouisme, Shivaisme: <<Oh Merveille! Cette illusion, bien qu'elle s'exprime dans la multiplicité des êtres et des choses, n'est rien d'autre que la conscience une. Ah! Tout n'est que pure essence consciente.>> (Abhinavagupta)


Soufisme: << Il n'est rien qui ne soit Lui.>> ( Ecole de l'Unicité absolue, Andalousie)


Boudhisme Cha'n: << Question: Lorsque le son cesse, la conscience cesse-t-elle? Réponse: La conscience jamais ne cesse.>> (Hui Hai)


Indouisme, Shivaisme: << Cet univers s'éveille quand Tu t'éveilles et s'abolit quand Tu te retires. Donc, la totalité de ce qui existe et de ce qui n'existe pas n'est rien d'autre que Toi.>> (Abhinavagpta)

 

Christianisme: <<Jésus a dit: "Je" est la lumière qui est au-dessus de toutes choses. "Je" est le Tout d'où toute chose émane et où toute chose retourne.>> (Thomas, 186)

 

 

L'éveil ou illumination est la re-connaissance soudaine de la non-dualité qui est, a toujours été et sera à jamais la réalité de notre expérience. La dualité est une illusion. La conscience n'est pas personnelle, privée et mortelle mais impersonnelle, universelle et éternelle. Il n'y a pas d'entité personnelle limitée, d'ego conscient. L'ego est un objet perçu, non la toute-percevante conscience.


La réalisation du Soi est la stabilisation subséquente dans la paix, la félicité et la liberté de notre être naturel. Le monde, vu dans la lumière de la conscience impersonnelle, se révèle comme miracle permanent, spectacle divin célébrant sa source invisible.


Un gourou (maître spirituel) vivant est nécessaire dans la plupart des cas pour contribuer à l'éveil et à la réalisation. Bien que le karana gourou ( le gourou dont le rôle est d'aider le disciple lors des derniers stades du processus de réalisation) apparaisse au disciple comme un être humain séparé, il (ou elle) est sciemment la conscience universelle. Il perçoit le disciple comme son propre Soi. La conscience du disciple, étant reconnue pour ce qu'elle est vraiment, entre en résonance avec la présence silencieuse du gourou. Le mental du disciple devient de plus en plus tranquille, avec ou sans échange de paroles, jusqu'au moment où le disciple a un aperçu de la joie sans cause inhérente à son être profond. Une relation d'amour, de liberté et d'amitié s'établit alors qui conduit à la stabilisation du disciple dans la paix et la félicité.


Un karana gourou authentique ne se considère jamais comme supérieur ou inférieur à qui que ce soit, ni ne se considère ou considère quiconque comme un sage ou un ignorant, comme un maître ou un disciple. Cette attitude impersonnelle spontanée crée un parfum distinct d'amitié et de liberté qui est une condition nécessaire au succès des derniers stades du processus de réalisation.

 

francis-lucille.jpegFrançis Lucille]

 


 

 

 

shankaracharya.jpg

 

La première personne à en consolider les principes de façon explicite était Adi Shankaracharya au VIIIè siècle, alors que le propagateur historique de l’Advaita était Gaudapada [grand Guru de Shankara]. Au VIIè siècle, Gaudapada rédigea le tout premier traité systématique disponible sur l’Advaita intitulé Mandukya Karika ou Gaudapada Karika.


L’Advaita Vedanta déclare que seule existe la Réalité une et immuable [Brahman] et que les entités changeantes ne possèdent pas d’existence absolue tout comme les vagues ne peuvent pas exister en dehors de l’océan. Les vagues s’élèvent dans l’océan, et il n’est pas de vagues sans océan.

De la même manière, le monde éphémère émerge momentanément au sein de la Réalité et Lui doit son existence. Le monde n’existe pas indépendamment de la Réalité, c’est pourquoi on dit qu’il est irréel.

 

cygne advaita

 

(Hamsa : le cygne -  So-aham : Je suis Cela - Symbole du Jivanmukta : "libéré-vivant")

 

Tout comme un cygne vit sur l’eau mais ses plumes ne sont jamais souillées par l’eau, de même un Advaitin vit dans le monde sans être touché par l’illusion du monde.


L’enseignement principal de l’Advaita est qu’il n’est pas de dualité ; qu’elle soit dans l’état de veille ou de rêve, la pensée se meut dans l’illusion. L’ignorance dissimule la vérité qu’il n’est pas de devenir et que l’individu n’existe pas, si ce n’est comme figuration temporaire de notre Soi véritable [Atman] ou " je " véritable.

 

Contrairement à l’expérience perceptible, le Soi n’est pas une expérience de l’individualité mais une pure conscience qui englobe tout et qui est au-delà de la connaissance. Il est éternellement présent et toujours expérimenté, cependant on n’est conscient de ce qu’Il est vraiment que lorsque les tendances restrictives du mental ont cessé.

 

Sa nature est non-duelle, un sans second, et n’est pas différente de la Réalité, le substrat absolu de tout ce qui existe. Le mot " Advaita " fait essentiellement référence à l’identité du Soi et de la Réalité.


La nature de la réalisation du Soi est celle de l’expérience directe transcendant les perceptions et notions sans exception ; elle ne sera gagnée qu’une fois la croyance en la réalité du monde dissipée.

 

L’illusion de la dualité, qui se manifeste en tant que notions d’un ego, d’un mental, d’un corps et d’un monde objectivé en est entièrement absente. Les fausses notions seules constituent l’illusion.

 

La seule chose qui empêche la conscience du Soi est le sentiment d’être une personne individuelle. Si ce sentiment d’identité individuelle est transcendé, vous saurez que vous êtes le Soi et que votre nature véritable est être-conscience-félicité. L’être demeure en lui-même, la conscience se connaît elle-même et la félicité repose en elle-même. Seul le Soi est, et il se connaît lui-même par lui-même.


L’aspirant doit être pourvu d’un intense désir de libération. Ayant discerné ce qui est éternel et la source de bonheur, il doit demeurer non-attaché à tout ce qui est transitoire, tout ce qui est mutable, tout ce qui est simple phénomène temporaire, tout ce qui dépend des sens, tout ce qui dépend du mental et tout ce qui dépend du soi individuel pour être connu ou expérimenté.

 

L’aspirant doit aussi être pourvu du pouvoir de discernement et doit adopter l’investigation de la nature réelle du Soi. Il doit discerner le Réel de l’irréel de façon à réaliser que le Réel est à jamais, et que l’irréel n’est jamais apparu. Il lui faut considérer tout ce qui est transitoire, changeant, objectivé, composé de parties, sporadique ou dépendant comme étant irréel. Il doit réaliser que cela qui est éternel, immuable, non-objectivé, indivisible et sans parties, continuel et non-dépendant est la Réalité impérissable.

 

Tout comme une rivière cesse de couler après s’être déversée dans l’océan, la personne perd tout mouvement après s’être fondue dans le Soi. Abandonnant autant les notions d’externe, qui donnent naissance à l’apparence du monde, que les notions d’interne, qui amènent les illusions de l’existence d’un mental et d’un individu, l’aspirant doit avoir une foi inébranlable dans la connaissance sacrée de l’Advaita Vedanta. La connaissance véritable signifie posséder un regard d’égalité pour tous et sur tout.

 

 

Ramana-maharshi.jpg

Ramana Maharshi enseigne que le Soi est pur être, une pure présence, ou pure conscience subjective de " Je suis " entièrement dénuée des sentiments " Je suis ceci " ou " Je suis cela ". Il n’y a ni sujets ni objets dans le Soi ; il n’y a que conscience d’être. C’est parce que cette pure présence, ou pure conscience, est consciente qu’on l’appelle aussi " conscience ".

 

D’après Shri Ramana, l’expérience directe de cette conscience est un état de bonheur ininterrompu et c’est pourquoi on utilise le terme " félicité " pour la décrire.

 

Ces trois aspects - être, conscience et félicité [Sat Chit Ananda : article de Jacques Ferber] - sont vécus en tant qu’un tout unitaire et non pas en tant qu’attributs séparés du Soi. Ils sont indissociables de la même manière que l’humidité, la transparence et la liquidité sont des propriétés indissociables de l’eau."

 

 


 

Sources :

http://eti.martin.free.fr/textes/advaita-pas%20deux.htm

http://www.francislucille.com/french.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Adva%C3%AFta_v%C3%A9danta

L' Advaita Vedanta : théorie et pratique - Dennis Waite - Editions Almora - Paris, mars 2011

 



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Publié par Emmanuel - dans Advaita Vedanta
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commentaires

CEDRIC 24/05/2015 14:58

Tout cela est vrai, mais qui le comprend vraiment ? Des milliers de personnes lisent les maîtres spirituels qui nous enseignent la vérité, mais combien sont prêts, ainsi que l'a dit l'un d'entre eux, à ce que leur monde s'écroule entièrement : à ne plus faire carrière dans le monde, quelqu'en soit la forme ? Combien sont tellement dégoûtés de l'illusion qu'ils sont prêts à vivre l'enseignement immémorial de ceux qui savent la vérité et l'ont partagé avec leur semblable par amour : comme le dit un proverbe indien, pour être illuminé, il faut désirer la vérité comme un homme qui a pris feu cherche une rivière pour s'y plonger !

Emmanuel 26/05/2015 05:30

Alors simplement Voir.

Emmanuel 26/05/2015 05:21

Bonjour Cédric. Merci pour votre commentaire.

A force de chercher en vain le bonheur, de s'affliger des souffrances inutiles en refusant la réalité en se projetant toujours ailleurs que maintenant, on peut un jour simplement cesser de courir en tout sens après nos illusions et comprendre que tout est et tout a toujours été là.

Jac O'Keeffe écrit dans un de ses livres "Je veux le bonheur" "Otez "je", otez "veux" et vous avez "le bonheur ".

Pour certain, une rencontre (ou des rencontres) vont être le déclenchement, pour d'autre une porte qui se referme sur leur doigt, d'autres encore vont accéder à l'Arrière-plan en traversant leur salon, etc. Tout y mène et rien y mène.

Mooji m'a marqué quand il raconte son propre "éveil" : dans ce moment il a dit quelque chose comme "tous ces livres, tous ses maîtres pour cette simplicité ! O mon Dieu :"

Certains ne désirent rien et obtiennent toute satisfaction en Cela qui ne peut mourir.

Avant toute chose Cela est.

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La Maison d'Emmanuel

     "Tu es Cela - Plus proche que proche - Déjà là" 

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Tout comme l'aigle s'en revient à son nid,

à tire-d'aile, lassé de son long voyage.

Ainsi l'âme qui dans le monde relatif et mortel des phénomènes a vécu,

s'en reviendra en elle-même,

Où elle s'endormira, libre de tout désir et de tout rêve

 

 

zafu

 

 

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