p.9-10
"L'illumination c'est quoi ?"
L'illumination n'est
pas "un accomplissement surhumain", [...] c'est un "état naturel, la sensation de ne faire qu'un avec l'Etre.
C'est un état de fusion avec quelque chose de démesuré et d'indestructible,
[...] qui est [...] essentiellement vous mais pourtant beaucoup plus vaste que vous.
L'illumination c'est trouver votre vraie nature [...]. Votre incapacité à ressentir cette fusion fait naître l'illusion de la division, la division face à vous-même et au monde environnant. C'est pour cela que vous
vous percevez, consciemment ou non, comme un fragment isolé. La peur survient et le conflit devient la norme, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.
[...]"Pour le bouddha Gautama, l'illumination c'est "la fin de la souffrance". [S'il donne] une définition par la négative [c'est pour] que "le mental" ne puisse pas en faire une croyance ou un accomplissement surhumain, un objectif
qu'il vous soit impossible à atteindre." [...]
p.11
[Qu'est-ce que l'Etre ?]
"L'Etre est LA vie éternelle et omniprésente [...] qui existe [...] au-delà [et...] au coeur de toute forme ; il
constitue l'essence invisible et indestructible la plus profonde.[...] L'Etre vous est accessible immédiatement et représente votre moi le plus profond, votre véritable nature.
Mais ne cherchez pas à le saisir avec votre "mental" ni à le comprendre. Vous pouvez l'appréhender seulement quand votre "mental" s'est tu. Quand vous êtes présent, quand votre attention est
totalement et intensément dans le présent, vous pouvez sentir l'Etre.[...]
Retrouver cette présence à l'Etre et se maintenir dans cet état de "sensation de réalisation", c'est cela l'illumination.
p.11-12
[Pourquoi employer le terme "Etre" plutôt que celui de "Dieu" ?]
Selon Eckhart Tolle, lorsque le terme de "Dieu" est employé, il
renvoit souvent à quelque chose d'extérieur à nous, ou qui sépare les Hommes, même s'il ne fait plus référence mentalement "à un vieux patriarche à la barbe blanche".
Aucun mot, Etre, Dieu ou d'autres, ne permet "de définir ou d'expliquer l'ineffable réalité qu'abrite le mot en question".
Selon l'auteur, il est important se poser la question suivante : "ce mot [nous] aide-t-il ou [nous] empêche-t-il de faire l'expérience de ce qu'il désigne ?".
[...]"Le mot "Etre" à l'avantage d'être un concept ouvert. Il ne réduit pas l'infini invisible à une entité finie et il est impossible de s'en faire une image mentale. Personne ne peut se
déclarer être l'unique détenteur de l'Etre, car il s'agit de votre essence même et que celle-ci vous est accessible immédiatement sous la forme de la sensation de votre propre présence, de la
réalisation de ce "je suis" qui précède le "Je suis ceci ou cela" : Le pas à franchir entre le terme "Etre" et l'expérience "d'Etre" est donc plus petit."
p.12-13-14
Qu'est-ce qui nous empêche le plus de connaître cette réalité ?
"C'est l'identification au "mental", car celle-ci amène la pensée à devenir compulsive" [..., ....] vous empêche de trouver ce royaume de calme intérieur qui est indissociable de "l'Etre".
[Elle] crée un faux moi érigé par l'ego qui projette une ombre de peur et de souffrance sur tout." [...]
"Descartes [s'est trompé quand il a dit] : "je pense, donc je suis". [C'est une erreur que] d'assimiler la pensée à l'être et l'identité à la pensée.
"Le penseur compulsif [...] vit dans un état d'apparente division, dans un monde déraisonnablement complexe où foisonnent perpétuellement problèmes et conflits, un monde qui reflète
l'incessante fragmentation du mental".
"L'illumination c'est un état de plénitude, d'unité avec le Tout et donc de paix. C'est un état d'unité avec la vie sous sa forme manifeste, soit le monde, et avec la vie sous sa forme non
manifeste, c'est-à-dire votre moi. Un état d'unité avec l'être. L'illumination est non seulement la fin de la souffrance et du perpétuel conflit en soi ou avec le monde extérieur, mais aussi
d'un épouvantable esclavage, celui de l'incessante pensée. C'est une incroyable libération !"
"L'identification au mental crée chez vous un écran opaque de concepts, d'étiquettes, d'images, de mots, de jugements et de définitions qui empêchent toute vraie relation.
Cet écran s'interpose entre vous et vous-même, entre vous et votre prochain, entre vous et la nature, entre vous et le divin. C'est cet écran de pensées qui amène cette illusion de division,
l'illusion qu'il y a vous et un "autre", totalement séparé de vous.
[...] "Derrière le plan des apparences physiques et de la diversité des formes, vous ne faites qu'un avec tout ce qui est."
[Le tout n'est pas de croire que cela est vrai c'est de l'expérimenter] [...] "Seule l'expérience peut vous libérer."
[Eckhart Tolle compare la pensée compulsive avec la maladie.] "Il n'y a rien de mal à ce que les cellules du corps se divisent pour se multiplier. Mais lorsque ce phénomène s'effectue sans
aucun égard pour l'organisme dans sa totalité, les cellules prolifèrent, et la maladie s'installe.
Le mental est un magnifique outil si l'on s'en sert à bon escient. Dans le cas contraire, il devient très destructeur. Plus précisément, ce n'est pas tant que vous utilisez mal votre "mental" ;
c'est plutôt qu'en général vous ne vous en servez pas du tout, car c'est lui qui se sert de vous. Et c'est cela la maladie, puisque vous croyez être votre mental. C'est cela l'illusion. L'outil
a pris possession de vous."
P.14
[Question que pose E. Tolle à celui qui pense maîtriser son mental :]
[...]
"Le mental aime se faire les dents sur des problèmes comme les chiens le font avec les os." Voilà pourquoi il fait des mots croisés et invente des bombes atomiques, alors que vous, l'Etre, ne portez intérêt ni à l'un
ni à l'autre." [...]
"Pouvez-vous vous libérez du mental quand vous le voulez ?"
[Quand commencez-vous à vous éveiller ?]
p.14-15
"La liberté commence quand vous prenez conscience que vous n'êtes pas cette entité, c'est-à-dire le penseur. En sachant cela, vous pouvez alors surveiller cette entité. Dès l'instant
où vous vous mettez à observer le penseur, un niveau plus élevé de conscience est activé et vous comprenez petit à petit qu'il existe un royaume d'intelligence au-delà de la pensée et que
celle-ci ne constitue qu'un infime aspect de cette intelligence.
Vous réalisez alors que toutes les choses vraiment importantes -la beauté, l'amour, la créativité, la joie, la paix- trouvent leur source au-delà du mental.
Et vous commencez alors à vous éveiller."
Chapitre I : Vous n'êtes pas votre
mental
Comment se libérer du mental ?...15
Qu'entendez-vous exactement par "observer le penseur" ?...15-16
Nous avons des "voix dans [la] tête" , "sous forme de monologues ou de dialogues", [qui correspondent au] "phénomène involontaire de la
pensée que vous ne réalisez pas avoir le pouvoir d'arrêter."
[...]
"Ce que cette voix énonce ne correspond pas automatiquement à la situation dans laquelle vous vous trouvez dans le moment, [elle parle du passé ou se projette dans le futur
et souvent de manière négative induisant notamment] ce que l'on appelle l'inquiétude.
[La voix] s'accompagne parfois d'images visuelles ou de "films mentaux". Et même si ce que dit la voix correspond à la situation du moment, elle l'interprétera en fonction du passé.
Pourquoi ? Parce que cette voix appartient au conditionnement mental, qui est le fruit de toute votre histoire personnelle et celui de l'état d'esprit collectif et culturel dont vous avez
hérité.
Ainsi vous voyez et jugez dorénavant le présent avec les yeux du passé et vous en avez une vision totalement déformée. Il est fréquent que chez une personne, cette voix intérieure soit
son pire ennemi. Nombreux sont les gens qui vivent avec un bourreau dans leur tête qui les attaque, et les punit sans cesse, leur siphonant ainsi leur énergie vitale. Ce tyran est à l'origine
des innombrables tourments et malheurs, ainsi que de toute maladie."
[...]"Vous pouvez [...]vous libérer du mental, [en] écoutant dès maintenant et aussi souvent que possible cette voix. Prêtez particulièrement attention aux schémas de pensée répétitifs
[...]peut-être [déjà anciens].
C'est ce que j'entends quand je vous suggère "d'observer le penseur". C'est une autre façon de vous dire d'écouter cette voix dans la tête, d'être la présence qui joue le rôle de témoin."
"Faites [cela] objectivement, c'est-à-dire sans juger. Ne condamnez pas ce que vous entendez, car si vous le faites, cela signifie que cette même voix est revenue par la porte de service.
Vous prendrez bientôt conscience qu'il y a la voix et qu'il y a quelqu'un qui l'écoute et qui l'observe. Cette prise de conscience que quelqu'un surveille, ce sens de votre propre présence,
n'est pas une pensée. Cette réalisation trouve son origine au-delà du "mental".
§
[Que se passe-t-il lorsqu'on observe une pensée ?]...16-17-18
"Vous êtes conscient de la pensée [et en même temps] conscient de vous-même comme témoin de la pensée. [...] "Vous sentez pour ainsi dire une présence, votre moi profond derrière elle ou
sous-elle. Elle perd alors son pouvoir sur vous et bat rapidement en retraite du fait que, ne vous identifiant plus à elle, vous n'alimentez plus le mental. Ceci est le début de la fin de la
pensée involontaire et compulsive.
Lorsqu'une pensée s'efface, il se produit une discontinuité dans le flux mental, un intervalle de "non mental". Au début [ces intervalles] seront courts, [...], mais ils deviendront peu à peu
de plus en plus longs.
Lorsque ces décalages dans la pensée se produisent, vous ressentez un certain calme et une certaine paix. C'est le début de votre état naturel de fusion consciente avec l'Etre qui est,
généralement, obscurcie par le mental. Avec le temps et l'expérience, la sensation de calme et de paix s'approfondira et se poursuivra ainsi sans fin. Vous ressentirez également une joie
délicate émaner du plus profond de vous, celle de l'Etre.
Il ne s'agit pas du tout d'un état de transe, car il n'y a aucune perte de conscience. Bien au contraire. Si la paix devait se payer par une réduction de la conscience et le calme, par un
manque de vitalité et de vigilance, elle n'en vaudrait pas la peine. Dans cet état d'unité avec l'Etre, vous êtes beaucoup plus alerte, beaucoup plus éveillé que l'état d'identification au
mental. Vous êtes en fait totalement présent. Et cette condition élève les fréquences vibratoires du champ énergétique qui transmet la vie au corps physique.
Lorsque vous pénétrez de plus en plus profondément dans cet état de vide mental ou de "non mental", [...], vous atteignez la conscience pure. Et dans cette situation, vous ressentez votre
propre présence avec une intensité et une joie telles que toute pensée, toute émotion, votre corps physique ainsi que le monde extérieur deviennent relativement insignifiants par comparaison.
Cependant il ne s'agit pas d'un état d'égoïsme mais plutôt un état d'absence d'ego. Vous êtes transporté au-delà de ce vous preniez auparavant pour "votre moi". Cette présence, c'est vous en
essence, mais c'est en même temps quelque chose d'inconcevablement plus vaste que vous [...]
§
[On peut aussi être pleinement attentif au moment présent]...18
[...] "Devenez juste intensément conscient de cet instant. Vous en tirerez une profonde satisfaction. De cette façon, vous écartez la conscience de l'activité mentale et créez un vide
mental où vous devenez extrêmement vigilant et conscient mais où vous ne pensez pas. Ceci est l'essence même de la méditation.
Dans votre vie quotidienne, vous pouvez vous y exercer durant n'importe quelle activité routinière, qui n'est normalement qu'un moyen d 'arriver à une fin, en lui accordant votre totale
attention afin qu'elle devienne une fin en soi. [...] Soyez attentif à chaque mouvement, à votre respiration, [...] aux perceptions sensuelles [...].
Remarquez la silencieuse mais puissante sensation de présence qui se manifeste en vous. Un critère certain vous permet d'évaluer si vous réussissez ou non dans votre entreprise : le degré de
paix que vous ressentez alors intérieurement.
[Rire de vos pensées]....19
"Ainsi, le seul pas crucial à faire dans le périple qui conduit à l'éveil est d'apprendre à se dissocier du mental. Chaque fois que vous créez une discontinuité dans le courant des pensées, la
lumière de la conscience s'intensifie. Il se peut même que vous vous surpreniez un jour à sourire en entendant la voix qui parle dans votre tête, comme vous souririez devant les pitreries d'un
enfant. Ceci veut dire que vous ne prenez plus autant au sérieux le contenu de votre mental et que le sens que vous avez de votre moi n'en dépend pas."
§
L'illumination c'est s'élever au delà de la pensée...19
La pensée n'est-elle pas indispensable pour survivre en ce monde ?...19
"Votre mental est un outil [...] Une fois cette tâche effectuée, vous
[devez]déposer votre outil. [La plupart du temps] la pensée chez l'humain est non seulement répétitive et inutile, mais aussi en grande partie nuisible en raison de sa nature
souvent négative et dysfonctionnelle. Il vous suffit d'observer votre mental pour constater à quel point cela est vrai.
La pensée involontaire et compulsive occasionne une sérieuse perte d'énergie vitale.
Elle est en fait une accoutumance : [...] vous sentez ne plus avoir la liberté d'arrêter [,] elle semble plus forte que vous [,] elle vous procure également une fausse sensation
de plaisir qui se transforme invariablement en souffrance."
Pourquoi serions-nous des drogués de la pensée ?...19-20
"Parce que vous vous êtes identifiés à [votre pensée] et que cela veut dire que vous tirez votre sens du moi à
partir du contenu et de l'activité du mental. Parce que vous croyez que si vous cessez de penser vous cesserez d'être."
Pour E. Tolle ego est "le faux moi créé par l'identification inconsciente au mental [, pour qui] seuls le
passé et le futur [...]importent." [...] "Quand ego semble se préoccuper du présent, ce n'est pas le présent qu'il voit. Il le perçoit de façon totalement déformée, car il le regarde avec les
yeux du passé. Ou bien il le réduit à un moyen pour arriver à une fin, une fin qui n'existe jamais que dans le futur projeté par lui. Observez votre mental et vous verrez qu'il fonctionne
comme ça.
Le secret de la libération réside dans l'instant présent. Mais vous ne pourrez pas vous y retrouver tant et
aussi longtemps que vous serez votre mental"
[Pensée et conscience ne sont pas synonymes]...20-21-22
[...] La pensée n'est qu'un petit aspect de la conscience et elle ne peut exister sans elle. Par contre la
conscience n'a pas besoin de la pensée.
Atteindre l'illumination signifie s'élever au-delà de la pensée, ne pas retomber à un niveau situé en dessous de la
pensée, soit celui du règne végétal ou animal.
Quand vous avez atteint ce degré d'éveil, vous continuez à vous servir de votre pensée au besoin. La seule
différence, c'est que vous le faites de façon beaucoup plus efficace et pénétrante qu'avant. Vous vous servez de votre mental principalement pour des questions d'ordre pratique. Vous n'êtes
plus sous l'emprise du dialogue intérieur involontaire, et une paix profonde s'est installée.
Lorsque vous employez le mental, en particulier quand vous devez trouver une solution créative à quelque chose,
vous oscillez toutes les quelques minutes entre la pensée et le calme, entre le vide mental et le mental. Le vide mental c'est la conscience sans la pensée.
C'est uniquement de cette façon qu'il est possible de penser de manière créative parce que c'est seulement ainsi
que la pensée acquiert vraiment un pouvoir. Lorsqu'elle n'est plus reliée [...] [à] la conscience, la pensée seule devient stérile, insensée, destructrice.
Essentiellement, le mental est une machine à survie. Attaque et défense face à ses "congénères", collecte,
entreposage et analyse de l'information, voilà ce à quoi le mental excelle, mais il n'est pas du tout créatif. Tous les véritables artistes, qu'ils le sachent ou pas, créent à partir d'un
état de vide mental, d'une immobilité intérieure. Puis c'est le mental qui donne forme à l'impulsion ou à l'intuition créative.
[Il en est de même pour] "les plus grands savants".
[...]
[Il s'agit de] "savoir s'arrêter de penser et non pas [...] savoir comment penser !"
"Ce n'est pas la pensée, le mental, qui est à l'origine du miracle de la vie sur terre ou de votre corps. Et ce
n'est pas cela non plus qui le sustente. De toute évidence, il y a l'oeuvre une intelligence qui est bien plus grande que le mental."
[...]
"Lorsque le mental se remet en contact avec cette réalité, il devient le plus merveilleux des outils et sert
alors une cause bien plus grande que lui."
Les émotions, une réaction du corps au mental...22
Qu'en est-il des émotions ? Je me laisse plus souvent prendre par mes émotions que par mon mental...22-23
[...] [Pour E.Tolle, le mental comprend les pensées mais aussi] "les émotions, [...] les
schèmes réactifs inconscients mettant en rapport pensées et émotions. Les émotions naissent au point de rencontre du
corps et du mental. Une émotion est la réaction de votre corps à votre mental, ou encore le reflet de votre mental dans le corps.
Par exemple, une pensée agressive ou hostile crée dans le corps une accumulation d'énergie que nous appelons colère. Le corps s'apprête à se battre.
La pensée d'être menacé physiquement ou psychologiquement occasionne une contraction dans le corps. C'est l'aspect physique de ce que nous appelons la peur.
[...]
Plus vous vous identifiez à vos pensées, à vos goûts, à vos jugements et à vos interprétations, c'est-à-dire moins vous êtes présent en tant que conscience qui observe, plus grande sera la
charge émotionnelle.
Si vous ne réussissez pas à ressentir vos émotions, si vous en êtes coupé, vous en ferez l'expérience sur un plan purement physique, sous la forme d'un problème ou d'un symptôme physique
[voire] [...] d'un événement qui semble simplement vous arriver.
Par exemple, [...] des gens qui portent inconsciemment en eux une grande colère et qui ne l'expriment pas sont susceptibles de se faire attaquer verbalement ou physiquement par d'autres gens
pleins de colère, souvent sans raison évidente. Il émane de ces premiers une forte vibration de colère qui entre en résonnance avec la colère d'autres personnes et qui la déclenche.
Si vous avez de la difficulté à ressentir vos émotions, commencez par centrer votre attention sur le champ énergétique de votre corps. Sentez votre corps de l'intérieur. Ceci vous mettra aussi
en contact avec vos émotions. [...]
§
[Conflit entre émotion et mental] "l'une dit non, l'autre dit oui"...23-24
[...] "Observez l'émotion, ou mieux encore ressentez-la dans votre corps, car celui-ci vous donnera toujours
l'heure juste. [...] La pensée mentira alors que l'émotion dira la vérité. Non pas la vérité ultime
de votre essence, mais la vérité relative de votre état d'esprit à ce moment-là.
[...]
[En l'observant] vous pouvez alors permettre à l'émotion d'être là sans être contrôlé par elle. Vous n'êtes plus l'émotion : vous êtes le témoin, la présence qui observe. Si vous vous
exercez à cela, tout ce qui est inconscient en vous sera amené à la lumière de la conscience.
[...]Il est aussi important d'examiner les émotions que les pensées...24
Prenez l'habitude de vous poser la question suivante : "Qu'est-ce qui se passe en moi en ce moment ?" Elle vous indiquera la bonne direction. Mais n'analysez pas. Contentez-vous
d'observer. Tournez votre attention vers l'intérieur. Sentez l'énergie de l'émotion. S'il n'y a aucune émotion, soyez encore plus attentif à votre champ énergétique, à l'intérieur du corps.
C'est la porte d'accès à l'Etre.
§
[...] [Cercle vicieux entre pensée et émotion ]...25-26
"Souvent, un cercle vicieux s'installe entre la pensée et l'émotion : elles s'attisent l'une l'autre. [...] En ressassant mentalement des idées sur la situation, l'événement ou la personne
ayant causé l'émotion, la pensée alimente l'émotion, qui à son tour déclenche la forme-pensée, et ainsi de suite.
Pour Eckhart Tolle, "toutes les émotions ne sont que des variantes d'une même émotion [...] [:] une perpétuelle sensation de menace [...] [associée] à une profonde sensation
d'abandon et d'incomplétude. [...]
Une des pricipales tâches du mental est de se défendre contre cette souffrance émotionnelle et d'essayer de l'éliminer. C'est une des raison pour laquelle il est sans cesse en activité.
Cependant, tout ce qu'il réussit à faire, c'est l'éclipser temporairement.
En fait, plus le mental s'efforce de se débarasser de la souffrance, plus elle est grande.
Le mental ne peut jamais trouver la solution ni se permettre de vous laisser la trouver, car il fait lui-même intrinséquement partie du "problème". [...]
Vous réussirez à vous libérer de cette souffrance seulement à partir du moment où vous cesserez d'assimiler le sens de votre moi à l'identification du mental, c'est-à-dire à l'ego.
A partir de ce moment là, le mental est destitué de sa position de pouvoir et votre vraie nature fleurit par l'Etre qui apparaît.
[...]
§
[Qu'en est-il] des émotions positives comme l'amour et la joie ?...26-27
[...] [L'amour, la joie, une] "profonde paix ne peuvent arriver que lorsqu'une interruption survient dans le flot des pensées [quel que soit ce
qui la provoque].
"Soudain, une immobilité intérieure s'installe. Et au coeur de cette immobilité, il y a une joie subtile mais intense, il y a l'amour, il y a la paix.
[...]
"L'amour, la joie, la paix se situent au-delà des émotions, à un niveau beaucoup plus profond. Vous devez donc prendre conscience de vos émotions et les ressentir avant de pouvoir sentir ce qui
se situe au-delà de celles-ci.
[...]
"L'amour, la joie, la paix sont [...] trois aspects de cet état de rapport intime avec l'Etre, ils n'ont aucun opposé. [Car] leur origine se situe au-delà du mental. [...]
[On ne doit pas confondre la joie avec le plaisir].[...] "Le plaisir est toujours provoqué par quelque chose d'extérieur à vous, alors que la joie émane de l'intérieur. Autrement dit, la chose
qui vous procure du plaisir aujourd'hui vous fera souffrir demain. Ou bien le plaisir disparaîtra et son absence vous fera souffrir."
[On ne doit pas confondre non plus l'amour avec] "une attitude de dépendance [...] pouvant se métamorphoser en son opposé en un clin d'oeil. Une fois l'euphorie initiale dissipée, de nombreuses
relations oscillent [...] entre "l'amour" et la haine, entre l'attirance et l'hostilité."
[Cette expérience de l'amour, de la joie et de la paix peuvent se faire de manière fugitive alors que nous ne sommes pas encore libérés du mental], "avant de connaître l'illumination".
[...]
[Pour autant] "cette expérience ne peut s'effacer. Elle appartient à votre état original qui peut certes être masqué par le mental, mais jamais être détruit par lui. Même lorsque le ciel est
complétement couvert, le soleil ne disparait pas. Il est encore là derrière les nuages."
§
Selon Gautama le Bouddha, la douleur et la souffrance naissent du désir ou des compulsions et pour s'en
libérer, il faut éliminer la subordination au désir. ...28-29
[...]"Aussi longtemps que je suis mon mental, je suis aussi ces envies, ces besoins, ces manques, ces attachements et ces aversions." [...]
"Dans cet état là même mon désir de me libérer ou d'atteindre l'éveil n'est encore qu'une autre envie axée sur une satisfaction et un accomplissement futurs. Ne cherchez donc pas à vous
libérer du désir ni à atteindre l'illumination. Apprenez à être présent. Soyez celui qui observe le mental. Au lieu de citer Bouddha, soyez Bouddha. Soyez "celui qui est éveillé".
[...]
" Et tout plaisir ou toute exaltation émotionnelle comportent en eux le germe de la souffrance, leur inséparable opposé, qui se manifestera à un moment donné."
[...]
"Il existe deux types de souffrance : celle que vous créez maintenant et la souffrance passée qui continue de vivre en vous, dans votre corps et dans votre esprit.
Chapitre II
:
Se sortir de la souffrance par la conscience
Ne créez plus de souffrance dans le présent...31
Personne n'est tout à fait libéré de la souffrance et du chagrin. Ne s'agit-il pas de vivre avec cela plutôt que d'essayer de l'éviter ?...31-32-33
"La plus grande partie de la souffrance est inutile. On se l'inflige à soi-même aussi longtemps que, à son insu, on laisse le mental prendre le contrôle de
sa vie."
[...] Plus on est à même de respecter et d'accepter le moment présent, plus on est libéré de la douleur, de la souffrance et du mental.
"Le mental [nie et refuse] l'instant présent parce qu'il ne peut fonctionner et garder le contrôle sans le temps, c'est-à-dire sans le passé et le futur. Il perçoit l'intemporel instant présent
comme une menace."
[Pour les plantes et les animaux se préoccuper du temps n'a aucun sens]
"Bien sûr, pour fonctionner en ce monde, nous avons besoin du
mental ainsi que du temps. Mais vient un moment où ils prennent le contrôle de notre vie, et c'est alors que s'installent le dysfonctionnement, la souffrance et le chagrin."
[...]
"Si vous voulez ne plus créer de souffrance pour vous-même et pour d'autres, si vous ne voulez plus rien ajouter
aux résidus de cette souffrance passée qui vit encore en vous, ne créez plus de temps, ou du moins n'en créez pas plus qu'il ne vous en faut pour faire face à la vie de tous les jours."
[...]
"Prenez profondément conscience [que seul le moment présent existe]. [...] Faites du "maintenant" votre lieu de résidence principale et accordez de brèves visites au passé et au futur lorsque
vous devez affronter les aspects pratiques de votre vie.
Dites toujours "oui" au moment présent. Qu'y aurait-il de plus futile, de plus insensé, que de résister intérieurement à ce qui est déjà ? Qu'y a-t-il de plus fou que de s'opposer à la vie
même, qui est maintenant, toujours maintenant ?
Abandonnez-vous à ce qui est. Dites "oui" à la vie et vous la verrez soudainement se mettre à fonctionner pour vous
plutôt que contre vous."
(copie du 02/08/2009)
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