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La Maison d'Emmanuel

La Joie sans objet - Jean Klein - La psychanalyse

9 Octobre 2015, 13:30pm

Publié par Emmanuel

La Joie sans objet - Jean Klein - La psychanalyse

Question : Ne pensez-vous pas qu'une cure psychanalytique bien faite puisse nous aider à découvrir notre vraie nature ?

Jean Klein :

Toutes les thérapies psychologiques-y compris la psychanalyse-partent d'un point de vue qui, pour le Vedanta, constitue ce que qu'on pourrait appeler la "névrose de base", la névrose métaphysique qui est le surgissement d'un ego qui se croit séparé.

La psychanalyse a pour but de rendre la santé et l'équilibre à cet égo séparé qu'elle considère comme une réalité légitime. Le psychanalyste veut vous remettre en possession d'un "moi" équilibré, harmonieux, en rapport harmonieux avec son entourage et les autres êtres. Cet idéal apparaît à la réflexion comme parfaitement naïf. Vouloir équilibrer un "moi", c'est vouloir perpétuer un déséquilibre dans les meilleures conditions possibles en faisant appel à des énergies qui permettent de renforcer, de fixer, d'assurer cet état égotique qui est en réalité le déséquilibre de base, origine de tous les autres.

C'est proprement aussi absurde que de lutter contre les symptômes d'une maladie sans vouloir s'attaquer au mal lui même. La cure psychanalytique n'est donc pas vraiment une cure. Elle ne débarrasse pas le "malade" de sa maladie, elle l'aide à vivre avec sa maladie, l'ego, qui est d'ailleurs une maladie imaginaire. dans la perspective védantique, un psychanalyste fait toujours, bien qu’inconsciemment et en toute honnêteté, le travail de "Monsieur Purgon", le médecin du "Malade imaginaire" de Molière. Un Maître authentique sait que ce qu'on appelle communément équilibre et santé est déjà un déséquilibre et une maladie. Il ne cherchera donc pas à équilibrer un déséquilibre, à soutenir par des étais ce qui est en porte à faux, il s'attaquera au déséquilibre de base, à l'illusion originelle pour rétablir la santé véritable qui ne peut être autre chose que le sentiment retrouvé de notre unité avec le Tout.

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