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La Maison d'Emmanuel

Jean KLEIN - La Joie sans objet - Ch. IV.1 - Notes et extraits 2018

24 Novembre 2018, 12:03pm

Publié par Emmanuel

Ce qui suit est extrait de : Jean Klein - La Joie sans objet. Editions Almora, Paris, Avril 2009. Pages 283 à 412 de la réédition de 3 ouvrages de Jean Klein intitulée La Joie sans Objet.

p. 323 à 324

La résolution de toutes les questions

Une question posée trouve sa réponse totale quand elle est pleinement résorbée dans la lucidité silencieuse. Si la réponse se limite à une pensée, elle contient les germes d'un nouveau problème. Une chose est réellement connue lorsque vous êtes "un" avec elle, quand elle est entièrement fondue dans la conscience unitive ; elle perd alors son caractère distinct, sa séparation d'avec vous. Nous ne pouvons jamais la saisir dans une relation sujet-objet ; elle se consume lorsqu'il y a identité avec elle, et seule subsiste son essence avec laquelle vous faites un.

L'ultime connaisseur connaît le connaisseur relatif, le moi empirique qui réfléchit, saisit, parle. Il est comparable à la lumière qui permet de rendre les objets visibles. La lucidité, la conscience sont nécessaires avant qu'il y ait connaissance d'un objet qui est continuellement changeant et comme ultime connaisseur, je suis nécessairement en dehors de ce changement. Si vous vous laissez imprégnez par cette vérité, si vous la laissez se présenter en vous, vous vous éveillerez à ce que vous êtes réellement, ce que vous avez d'ailleurs toujours été, et serez éternellement toute présence.

La réalité transcende la triade connaisseur-connaissance-connu. L'absolu réside au-delà du sujet-objet, il en est la source.

p. 324

Le témoin

L'identification avec votre corps, vos pensées, vous enchaîne apparemment. Dans une connaissance vécue, il s'avère que vous êtes le témoin, vraiment distancié, de votre corps. Si cela devient réalité en vous, tôt ou tard la chose témoignée se résorbera de même que le témoin, et il ne restera que l’essence, l'ultime félicité, la conscience unitive.

Cette position de témoin permet de surmonter l'identification ; le courant de l'expérience est observé par lui et c'est la mémoire qui le reflète. ne faites pas d'effort pour le devenir, puisque vous l'êtes constamment. Vous vous libérerez des dernières traces qui vous situent comme étant celui qui agit.

Vous ne pouvez pas avoir deux pensées à la fois, vous pouvez seulement porter votre attention sur un seul objet, mais ultérieurement, vous comprendrez que celui-ci était devant vous, ce qui justifie le témoin. L'ego n'a pas été présent, bien qu'il le prétende. Cette position de témoin est considérée comme une béquille pour sortir de la notion "je suis celui qui agit, qui souffre", mais du fait que vous avez pu vous souvenir d'une action, il ressort que vous êtes la conscience-témoin. Si cela pénètre profondément en vous, l'énergie qui fixe l'habitude se vide et le transfert se fait vers le Soi. 

p.325

La pensée

Si nous nous situons comme une personnalité indépendante, nous récoltons le fruit de nos actions, et nos pensées vacillent entre le bien et le mal, le bonheur et le malheur. Les actes qui surgissent de la lucidité sont toujours spontanés, sans résultat attendu et libres de tout attachement.

La Bhagavad Gita déclare : "Je ne suis pas l'auteur de mes actes et cependant les activités se déroulent". La pure conscience est absolument impersonnelle ; si elle est projetée, elle devient personnelle, objet et nous sommes apparemment entravés, liés à un monde. En prendre conscience amène spontanément la résorption de l'ego dans la lucidité, dans le "voyant", notre véritable nature, ce que nous sommes foncièrement.

La dualité est une fiction ; quand vous agissez, quand vous pensez, vous êtes un, il n'y a ni dualité, ni ego ; c'est seulement après l'action que celui-ci réclame, s'approprie l'acte ou la pensée ; sur le moment nous sommes sans ego.

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