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La Maison d'Emmanuel

Krishnamurti - Méditation (4)

25 Novembre 2017, 11:08am

Publié par Emmanuel

Krishnamurti - Méditation (4)

Source : Le vol de l'aigle - Jiddu Krishnamurti - Chapitre III : Méditation - Editions Delachaux et Niestlé, Neuchâtel (Suisse), 1971. pages 52 à 74.

p. 59 à 61

La vraie vertu est une chose qui vit, qui coule, qui se renouvelle constamment et qui ne peut pas être structurée dans le temps ; c'est comme si vous proposiez de cultiver l'humilité. Seul l'homme vaniteux cultive l'humilité et tout ce qu'il pourra cultiver restera vanité.

Mais en voyant très clairement la nature de la vanité, de l'orgueil, c'est par la vision même de ces choses que l'on s'en affranchit, et c'est là qu'est l'humilité.

Quand ceci sera très clair, nous pourrons alors aller plus avant et nous demander ce que c'est que la méditation. Si vous ne pouvez pas faire ceci profondément, avec sérieux et avec ardeur, non pas pour vous distraire pendant un ou deux jours et ensuite tout laisser tomber, alors, s'il vous plaît, ne parlez pas de méditation.

La méditation, dès l'instant où vous comprenez ce qu'elle est, est une des choses les plus merveilleuses ; mais vous ne pouvez absolument pas la comprendre si vous n'avez pas cesser de chercher, de tâtonner, d'avoir soif, de vous emparer avidement de ce que vous penser être la vérité - et qui n'est qu'une projection de vous-même. Vous ne pouvez pas la connaître si vous n'avez pas cessé d'aspirer à une "expérience", mais, au contraire, il vous faut comprendre la confusion dans laquelle vous vivez, le désordre de votre vie.

C'est par l'observation de ce désordre que l'ordre prend naissance, un ordre qui n'est pas un projet, qui n'est pas du planning.

Ceci, quand vous l'avez fait - et c'est déjà de la méditation - vous pourrez alors vous demander non seulement ce qu'est la méditation mais surtout ce qu'elle n'est pas, parce que c'est dans le rejet du faux que réside le vrai

Tout système, toute méthode qui prétend enseigner comment méditer sont évidemment fauxIntellectuellement et logiquement on peut voir pourquoi ; parce que dès l'instant où vous vous exercez à quelque chose en vous conformant à une méthode - si noble, si ancienne, si moderne, si dernier cri qu'elle soit - vous tombez dans le mécanisme, vous vous répétez sans cesse afin d'aboutir à un certain résultat.

Mais dans la méditation vraie, la fin n'est pas autre chose que les moyens. La méthode, elle, vous promet quelque chose ; c'est un moyen employé en vue d'une fin. Si les moyens sont mécaniques, alors la fin est également le produit d'un mécanisme ; l'esprit mécanique dit "Je vais gagner quelque chose." Or, vous devez être complètement libéré de toute méthode, de tout système ; c'est déjà là un début de méditation ; déjà vous avez rejeté quelque chose de complètement faux, de complètement vain.

Il y a aussi des gens qui s'exercent à la "lucidité". Peut-on s'exercer à la "lucidité" ? - si vous vous y exercez vous êtes tout le temps inattentif. Il s'agit de prendre lucidement conscience de cet état d'inattention, et non de vous exercer à être attentif et, par une prise de conscience lucide, l'attention est déjà là, vous n'avez pas besoin de vous y exercer.

Je vous en prie, comprenez ceci, c'est si simple et si clair. Point n'est besoin d'aller en Birmanie, ou en Chine, en Inde, dans tous ces endroits nimbés de romantisme, mais dépourvus de réalité.

Je me souviens d'avoir voyagé jadis dans un autobus, en Inde, avec un groupe de gens. J'étais assis devant à côté du chauffeur et, derrière moi, trois personnes parlaient de la lucidité dans le désir de discuter avec moi de ce qu'elle pouvait être. L'autobus allait très vite, sur la route se trouvait une chèvre et le chauffeur ne fit pas grande attention, il écrasa la pauvre bête. Ces trois messieurs qui parlaient de lucidité et de prise de conscience, ne surent jamais ce qui s'était passé ! Vous riez ; mais c'est bien ce que nous faisons tous. Intellectuellement nous sommes préoccupés par nos idées de prise de conscience, de lucidité, d'examen verbal et dialectique, d'opinions diverses et, en fait nous sommes aveugles à ce qui se passe autour de nous.

Il n'y pas de méthodes auxquelles s'exercer, il n'y a que la chose vivante.

 

 

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