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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 04:34
Arnaud Desjardins : Approches de la méditation
(Editions de La Table Ronde - Paris, 1989)
Extraits et résumés

Table des matières

Première partie : Vue d'ensemble

Chapitre 1 : Concentration et méditation
[1.2. : pages 24 à 37]

(Page 24)

[La position de témoin (Sakshin)] :

"Cette position du témoin est une dissociation, mais non une dualité, tant le témoin est neutre, sans aucun jugement, aucune appréciation des pensées nobles, aucun mépris pour les pensées vulgaires, juste témoin."
[Cette forme de méditation est conseillée par A. Dejardins mais il insiste sur le fait que "ce n'est pas la seule qui puisse [nous] "aider à progresser".

(Page 25)

[Longtemps A. Desjardins a médité sous forme de concentration de l'attention avec bien des difficultés jusqu'à ce que plusieurs maîtres, dont le sien, lui conseillent d'adopter cette position de témoin.
Ils lui dirent de ne plus lutter contre les distractions mentales par ces mots :]
"Let them com, let them go " [ce qui signifie] "Laissez-les venir, laissez-les partir"
[Son maître, Swâmi Prajnanpad, ajouta :] "Let them come, they will go !" [ce qui signifie] :
"Laissez-les venir, elles s'en iront". "Tout ce qui vient s'en va, tout ce qui apparaît disparaît".

[...]

(Page 26)

[...]

(Page 27)

Dit autrement : "Etre conscient, mais une conscience vide, pure, tout en sachant que nous ne pourrons pas demeurer dans ce silence ; accueillir complètement les distractions au lieu de les considérer comme des ennemis qui viennent nous distraire dans notre concentration, et regarder.
"On retrouve la même approche dans le zazen [...]"

(Page 28)

[...] "L'énergie en [nous] s'exprime sous trois formes : physique, émotionnelle et mentale. ce sont trois niveaux de fonctionnement. [...]
Le niveau de fonctionnement sur lequel vous avez le moins de pouvoir, pour ne pas dire aucun pouvoir, c'est l'émotion.
[Nous avons par contre] un petit pouvoir sur le corps, [...] sur les pensées."


(Page 29)

[Il faut ainsi se servir du petit pouvoir que nous avons sur le corps, sur les pensées pour apaiser également les émotions.]
[...]"A cet égard, l'image utilisée en Inde, est celle de l'éléphant sauvage encadré par des éléphants dressés. On a constaté que pour faire voyager un éléphant sauvage qui vient d'être capturé, il suffisait de le placer entre deux éléphants dressés et qu'il marchait alors tranquillement avec les deux autres, s'arrêtait en même temps qu'eux et repartait quand ils repartaient. De même, on peut encadrer l'émotion par les deux éléphants au moins quelque peu apprivoisés du corps et de la pensée."

(Page 30)

[...] [A. Desjardins s'est demandé si cette parole du christ :] " Si deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux" [n'était pas le reflet de la règle qu'il énonce plus haut. Lorsque ] "la pensée et le corps sont réunis par la sensation, la conscience du corps, "Je suis au milieu d'eux".

(Page 31)

"Au bout de peu de temps, en effet, un sentiment particulier apparaît, un sentiment d'être, pas d'être triste, d'être riche ou pauvre, d'être beau ou laid, d'être quoique ce soit- juste être."
[...]

(Page 32)

[...]
"Comme je ne sais pas trop en quoi consiste la méditation, j'attache ma pensée  à la sensation, à la respiration paisible, au mouvement de l'énergie qui se répand dans tout mon corps (le prana).


Et, deuxième approche praticable pour vous aussi
, vous pouvez vous exercer à la vision des pensées, des associations d'idées, sur fond de vide, comme le ciel bleu dans lequel passe un oiseau.

 Je constate que cet oiseau exerce sur moi une attraction parce que je le trouve très beau, ou je constate que cet autre oiseau, comme le pauvre vautour, provoque au contraire en moi une répulsion, mais je ne suis pas happé, absorbé par l'oiseau.
Je le regarde simplement traverser le ciel vide, apparaître, disparaître, sans perdre la conscience de l'infini.

Cela vous paraîtra plus ou moins aisé. Ne vous découragez jamais, Vous pouvez y arriver facilement pendant quinze jours et ne plus y parvenir pendant deux mois durant lesquels vous êtes agités, vous avez envie de bouger et la méditation devient insupportable. Il faut savoir que différents mouvements intérieurs, tendances, vasanas profondes vont interférer. C'est ainsi, ne soyez ni surpris, ni déçus et sachez qu'il ne faut pas s'inquiéter. Au départ les états d'âmes ne dépendent pas beaucoup de vous.

Ce que vous pouvez faire, c'est reconnaître et accepter que ce qui est soit, ne pas entrer en conflit, vous détendre à l'intérieur des tensions et tenter la vision du témoin neutre. Vous vous rendez compte que par l'acceptation pure et simple des images, parce qu'elles viennent, des pensées parce qu'elles montent, celles-ci diminuent, diminuent encore.

Vous resterez -les chiffres semblent minimes à un auditeur profane mais immenses pour celui qui s'est déjà exercé -vingt secondes, trente secondes, sans qu'aucun "oiseau" ne traverse le ciel en question. C'est le commencement de la véritable méditation : vous êtes intensément conscient, parfaitement éveillé, totalement présent à vous-même, sans forme, sans mesure, infini, pas infiniment grand ni infiniment petit, infini au-delà des catégories habituelles de notre pensée, le temps, l'espace et la causalité."

(Page 33)

[Un exercice proposé par A. Desjardins] "qui développe la liberté du témoin":

"Vous prenez conscience de vous ici et maintenant : "Je suis", c'est tout, et vous savez qu'une image, une pensée, une forme va apparaître, dans une, deux ou trois secondes. Je le sais et je ne le refuse pas ; je ne m'épuise plus à lutter contre les distractions.

Pour un instant, je me regroupe, je me rassemble, je suis présent ; pour un instant j'arrête de penser (c'est possible) et je regarde ce qui va me venir à l'esprit, au coup à coup.[...]
Je vais voir au fur et à mesure ce qui va monter de la profondeur de moi-même.
Je me détends autant que je peux. Une idée, une image advient. Je la constate, je la note, et je ne me laisse pas entraîner.

[...] Au moment où une image monte, quelle qu'elle soit, c'est la surprise. Des millions de possibilité sont contenues dans ce chitta (dépôt, réceptacle, entrepôt) et vous ne savez laquelle va se présenter.
 
Vous essayez d'être témoin de ce que vous ressentez."

[...]

(Page 34)

[...]
"Acceptez [les associations d'idées sans ] vous laissez emporter par toute une série. Attend[ez]. De nouveau retourn[ez] à l'immobilité. Regard[ez] une autre pensée va naître, totalement imprévisible.
[...]
Ceci ne paraît pas transcendant mais c'est peut-être le commencement de la plus haute méditation. Je vois. Je constate. En anglais, "to be aware", être conscient de ce qui se produit. Rien ne passe inaperçu.
Vous pouvez  aussi, toujours avec ce recul qui n'est pas une dualité parce que vous n'avez ni jugement, ni attraction, ni refus, mais juste une vision neutre, sentir un peu plus profondément ce qui est contenu dans l'image venue à la surface."

(Page 35)

"Pourquoi particulièrement celle-ci, qui paraît peut-être anodine ? [...] [Quels sont] l'arrière-plan et la richesses contenus dans cette image [?]
[...] Mais [attention de ne pas] vous laisser happer de nouveau par les pensées, [...] de ne pas perdre la position de témoin qui demeure l'essentiel."
[...]
[A. Desjardins nous invite à nous méfier] "des méditations qui ne sont que des drogues, des anesthésiants, des fuites, des plaisirs pour l'égo et qui ne détruiront jamais le mental, au contraire"

(Page 36)

[Pour A. Desjardins] "plus que l'aspect "connaissance de soi", [ce qui lui semble important] c'est [...] la discrimination du spectateur et du spectacle, le retour à la conscience vide, à l'océan dans lequel naît une vague et auquel la vague retourne."

Avec un peu plus de pratique, vous pourrez dépasser [le regard sans jugement] "au coup à coup" [porté sur chaque pensée survenant], vous pourrez laisser le mental vagabonder, tout en conservant sans effort héroïque la position de témoin, comme si vous étiez vraiment conscient que vous regardez un film, non plus des diapositives mais un film avec un sujet, un thème. Vous y arriverez relativement vite.

[...]

(Page 37)

" "Autorisez le libre-jeu du mental" et en même temps soyez conscients de vos rêveries diurnes, ces rêveries qui d'habitude vous happent, auxquelles vous vous êtes identifiés et dans lesquels vous n'existez plus en tant que sujet distinct et autonome. [...] Vous regardez comme si vous n'étiez pas concernés alors qu'en fait, d'una utre point de vue, vous êtes tout à fait impliqués puisque ce sont vos rêveries à vous dans votre cerveau à vous. Vous êtes sur la rive et vous voyez couler le fleuve de votre cinéma intérieur.

Cette vigilance va grandir avec la pratique."
[...]
"Cette non-identification va avoir des échos dans le courant de votre existence où vous retrouverez plus facilement cette dissociation. Voilà les soucis, les inquiétudes qui sont en train d'agiter mon cerveau et mon coeur [,] et moi j'expérimente un certain détachement au centre même de cette agitation. Je sais, je perçois que ces agitations ne sont pas le tout, qu'elles concernent la surface, les formes changeantes, momentanées, d'une conscience sans forme, la pure lumière de la perception."



Résumé et extraits d'Approches de la méditation d' Arnaud Desjardins .- Editions de La Table Ronde, Paris, 1989.

Table des matières

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Publié par Emmanuel de Lussac - dans Arnaud Desjardins
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commentaires

LungTa 21/10/2009 08:42


Bonjour Emmanuel
Tchenrezick est le nom donné à notre groupe de méditation par un lama qui nous avait apporté une superbe tangka de cette déité il y a maintenant un certain nombre d'années
Avancer seul est possible, mais reste difficile, car entre le fait de ne pas arriver à voir ce qu'il ya à travailler (ce qui est logique car nous avons bati des fonctionnements depuis des années
qui nous permet de ne pas aller dans ces zones dangereuses), le fait de tourner en rond soit en revenant toujours aux memes enseignements, soit en évitant ceux qui nous fairaient plus
prendre conscience, le fait de perdre espoir par moment, le fait de ne pas se rendre compte qu'on avance, le fait de ne pouvoir se confier de coeur à coeur sur ce qui nous touche le plus etc...
mais encore une fois c'est possible
de toutes les manières trouver l'ami spirituel qui peut nous guider, nous soutenir, est difficile aussi
car il ne faut pas tomber sur une personne manipulatrice qui cherche le pouvoir mais au contraire une personne qui nous amène à devenir nous même, un humain complet qui implique que cette
amitié spirituelle n'a pas pour vocation de rester inégalitaire

Revenir à qq chose de plus souple après Tolle est certainement une bonne chose
Il a sorti des points importants du bouddhisme (principalement) ce qui est un beau travail très intéressant à suivre, mais il ferait bien d'ouvrir un bouton de son col !
l'amour n'est pas rigide

je vais me faire incendier

Pour le balancier que nous pratiquons cela a pour but de trouver notre axis mundi mais pas de rester dans le mouvement de balancier
et même si cet axis mundi personnel n'est pas parfait & sûrement ne le sera t il jamais, car notre histoire, notre corps, notre être, nos relations, notre contexte de vie, fait que
nous ne pouvons avoir une posture parfaite, et il faut aussi respecter cela, il n'empêche à un moment il nous permet de trouver notre rectitude juste non rigide, qui n'appartient qu'à nous
le vrai maître ne dira pas "tu n'es pas droit" mais verra comment tu peux être droit au mieux dans l'instant présent

Je pense que ton frère a raison pour le déséquilibre qui crée la vie, il s'agit de la marche d'une manière métaphorique, mais pas que de cela

d'un point de vue systémique, un système pour être vivant doit échanger avec son environnement, un système qui reste fermé sur lui même pour ne pas bouger reste statique finit
toujours par mourir, c'est donc dans le déséquilibre, dans lamise en danger, qu'il crée en s'ouvrant à l'environnement, aux autres systèmes qu'il assure sa survie
bien sûr tout un système de régulation vont jouer pour que ce déséquilibre soit mesuré (on appelle cela un équilibre dynamique entre autres)

bonne journée à toi

chaleureusement

frédéric




Emmanuel de Lussac 22/10/2009 07:17


Bonjour Frédéric,

(Tangka ? Un Tangka est une œuvre d'art religieux du bouddhisme ou de l'hindouisme. Il peut représenter une déité ou un mantra, ou un mandala.

fr.wikipedia.org/wiki/Tangka)

Oui je me rends compte qu'avancer seul est difficile pour toutes les raisons que tu avances. J'ai l'impression parfois (...) de tourner en rond, je ressens qu'il y a effectivement comme tu le dis
des "zones dangereuses"  que je n'ose approcher, je les devine, j'en ressens à distance la chaleur, la peur de la brûlure mais je sais que tout cela n'est que pour une large part phantasmes
sur une réalité, mes ronds deviennent peu à peu de plus faible rayon, enfin je crois (illusion ?) que j'arriverai au coeur de tout cela à "ma" manière.

Le chemin parcouru grâce à mon ami autrefois, les mois passés hier en psychanalyse, les découvertes de l'année dernière grâce à une autre amie, m'ont donné des outils pour me réfléchir et de
manière plus autonome et sereine vivre et me découvrir.

Tolle m'a donné de nombreux éclairages sur la culture de l'ici et maintenant, complétant de manière pratique ce que j'avais trouvé peu de temps auparavant chez Krishnamurti. Je leur suis pour cela
reconnaissant.
Ils sont et reste des êtres humains avec leurs rigidités et leurs souplesses, leurs lumières et leurs ombres, il me plait à les reconnaître ainsi, leur imperfection est la mienne.

"Pour le balancier que nous pratiquons cela a pour but de trouver notre axis mundi mais pas de rester dans le mouvement de balancier" 


Oui dans le dojo cela aurait de l'allure !
Parfois, les rites et pratiques spirituels et religieux vus de l'extérieur, étranger à cela, ont un aspect rigolo

Plus sérieusement, ce que je voyais dans le balancier, c'est l'ajustement, la manière que j'ai (que nous avons peut-être) de saisir de manière grossière puis de plus en plus subtile et juste ce qui
nous est ici ou là enseigné, nos propres et justes postures.

Merci Frédéric pour tes commentaires, ce qu'ils sucitent en moi...encore une fois je dois arrêter là, l'heure tourne, tourne....

A bientôt,
Amicalement,

Emmanuel


LungTa 20/10/2009 11:07


Bonjour Monsieur Emmanuel à la belle image de Tchenrezi

Je ne sais pas quelle est la posture juste, juste celle qui est juste pour moi en l'instant, pour le reste il vaut mieux demander à un enseignant

Je me surprends toujours à voir ces pensées surgir, à me laisser embarquer, à vouloir les refouler voir à lutter. Et si je dis comme toi "je me surprends" cela veut dire que je n'ai pas vu
venir
mais qd je suis surpris, c'est là où j'utilise bcp d'amour pour moi avec ça
je reviens à la posture (j'aime bcp cette posture, je m'y sens très à l'aise, très calme et stable, malgré mon corps qui de toutes les manières par la maladie quelque soit la position se plaint de
ne pas bouger ou de trop bouger s )

il faut arrêter de vouloir, vouloir être, vouloir faire
mais laisser la vie s'écouler
parfois avec des pensées, qui nous surprennent
pas grave
partir du corps
de sa stabilité (d'où par contre l'importance de la posture, mais là aussi la posture idéale ne correspond à notre corps/histoire, donc à nous de trouver la posture juste, là aussi l'aide d'un
enseignant peut être utile)

Par contre je ne suis plus trop dans des récitations (mantra, phrases positives ou autres) car cela finalement pour moi, reste un nouveau jouet pour le mental
alors je préfère le regarder jouer avec ce qu'il crée, plutôt que de lui fournir de nouveaux "outils"

Bien sûr que voir sans juger n'est pas si simple, ou peut être trop simple
je viens d'écrire un billet que je mettrai fin de moi sur mon blog, pour dire "il faut du courage" !

et pour moi "courage" a toujours rimé avec "COeUr à l'ouvRAGE"
donc il faut y aller
doucement
mais y aller

dans ce billet je termine par cette histoire :


Je relisais récemment l’histoire du reboisement des Landes (France). Sous Napoléon III, quand on décida de reboiser les landes pour éviter que le sable ne parte, les concessions de sable furent
attribuées à ceux qui en faisaient la demande. Les propriétés se mesuraient à la voix. Votre domaine commençait à l’endroit où vous n’entendiez plus hurler les voisins. Chacun restait alors seul,
en plein ciel, et le rude travail de l’ensemencement succédait aussitôt à la prise de possession. Chacun savait que le rapport économique serait lointain, voir hypothétique, car bien après 25 ou
30 ans.


Et pourtant ceux là l’ont fait. Ils ont eu du courage et ont commencé par un bout.

Pour le regard, c'est le sujet de trois billets que j'ai fait (dont aujourd'hui avec renvoie vers les 2 autres) , là aussi il n'est pas si évident que le regard en méditation soit le même que celui
de la vie quotidienne, bien heureux celui pour qui cela est
et l'un peut nourrir l'autre
JE TE REGARDE ET JE TE VOIS
ce TE nous concernant aussi nous même dans la méditation
et on regarde au travers du JE
plus loin encore

avec amour


Pour les pensées, ce n'est pas obligatoirement une mauvaise culture, et nous en avons besoin, elles font partie de la vie
ce qu'on peut c'est voir la nature originelle de l'esprit, qui crée les pensées et ne pas s'attacher ni aux pensées ni au JE pense





“L'approche contemplative consiste à tourner son attention vers l'intérieur et à observer, derrière le voile des pensées et des concepts, la nature de la conscience originelle qui sous-tend
toute pensée et permet leur formation." Matthieu Ricard


Je t'embrasse aussi, chaleureusement

frédéric







Emmanuel de Lussac 21/10/2009 07:05


Bonjour Frédéric,

Merci pour tes réponses.
Je suis d'accord avec toi cette image de Tchenrenzig-Avalokitesvara est bien belle, elle demeure toujours comme fond d'écran sur mon ordi. Elle m'inspire la paix, la beauté et l'amour.

Tu m'invites depuis quelques temps à la rencontre avec un maître.
Mais cette recherche d'un maître extérieur ne fait pas partie de ma recherche actuelle. Il est un homme qui a joué hier ce rôle là pour moi, et jusqu'à aujourd'hui je n'en désire pas d'autres. Il
en sera peut-être un, des autres. Il(s) se présenteront à moi, ou plutôt je les apercevrai quand le moment sera venu, s'il vient, et j'irai vers eux.
Aujourd'hui, je souhaite aller essentiellement seul, mobiliser, discerner celui qui sait au fond de moi et partager avec des amis, comme ici avec toi.
Même si je suis vis à vis de mes amis parfois très demandeur au travers de mes questions.. Ces questions que l'on pose à
l'autre comme à soi-même, et qui amène à d'autres questions...J'en ai vu d'autres en deça.

Tu m'invites à avoir du coeur à l'ouvrage, mélange de courage et de coeur, ceci me parle. Un mélange à la fois de persévérance, de nos efforts, et d'accueil des écueils, de notre imperfection, de
notre totalité somme toutes parfaite puisqu'elle est. Je retiens cela.

En ce qui concerne les pensées, Tolle avait fait une charge contre notre culture cartésienne, le "je pense donc je suis" et cela m'avait marqué, je l'ai suivi fortement pour revenir aujourd'hui à
quelque chose de plus souple. J'entends aussi dans ce que tu dis que la pratique à laquelle nous nous adonnons ne saurait être une torture même si elle demande des efforts, trouver le juste milieu.
Je me répète sans doute mais il est des images anciennes qui sont pour moi toujours riches d'enseignement : ce mouvement de balancier auquel m'invitait un pratiquant du dojo zen pour trouver sa
juste place sur le coussin de méditation.
Depuis plus d'une année, je me vois faire cela, le balancier, parfois cela s'ajuste et c'est merveilleux, puis cela repart, à droite, à gauche, vers une nouvelle stabilisation et le prochain
déséquilibre.

Mon frère ce week-end, me disait que la vie, être vivant impliquait le déséquilibre, l'acceptation de ce désquilibre. Je crois qu'il évoquait la marche comme image.

Bonne journée,

Amicalement,

Emmanuel

P.S: Encore de nombreuses choses à te dire à la suite de ton commentaireet aussi en rapport avec ce que nous dit ici Desjardins, mais mon temps consacré au blog ce matin est écoulé, je dois me
préparer pour le boulot... alors peut-être plus tard, y revenir...





LungTa 18/10/2009 22:37


surtout la première partie est proche en effet du zen, de s'ouvrir à ce qui est sans s'y attacher, cela perd de son importance, et si cela perd de son importance, cela perd de présence
redondante
je suis en train de travailler sur cette phrase de Dogen pour la prochaine BD de Zem :
"lorsque la pensée surgit, prenez en concscience, elle disparaîtra"

amitié

frédéric


Emmanuel de Lussac 20/10/2009 06:58


Bonjour Frédéric !

J'entends ce que tu dis. Tolle, dans mes lectures, écoutes précédentes insistait là-dessus aussi. Je me souviens de ta vidéo sur cette mouche-pensée qui se multipliait lorsque le méditant la
combattait.

Pour autant je me surprends encore, en fait de nouveau, à lutter à refouler au lieu de laisser venir.
Je me surprends à réciter le début d'anciennes phrases fétiches lorsqu'une pensée, une émotion que je juge inopportune surgit.
Je me surprends, tu me diras, c'est déjà pas si mal. Peur que celles-ci m'emportent ?
Constater, voir sans juger n'est pas une mince affaire.

Notre regard-témoin lors de nos moments de méditation et celui que nous amenons dans notre quotidien est semblable, enfin nous tentons de faire qu'il le soit.
Je fais en sorte de ne pas cultiver les pensées (hors la résolution de problèmes pratiques) et les émotions dans mon quotidien
Est-ce selon toi une posture juste ? Quels sont selon toi les écueils à éviter ?

Merci pour tes réponses à venir.

Je t'embrasse, Emmanuel.


Yog La vie 17/10/2009 07:45


Bon weekend Emmanuel!
Comme toujours, félicitation pour ton travail de retranscription.
Bises!


Emmanuel de Lussac 18/10/2009 06:02


Bonjour Madame Yog ! Merci pour tes félicitations. (Je profite de l'ordinateur paternel en pays bourguignon pour te répondre.) Modestement, lentement, mais néanmoins sérieusement, je poursuis
mes lectures-résumé de manière ouverte. Affinant et/ou confirmant ma compréhension (intellectuelle) de la méditation au travers d'elles je ne doute pas que cela puisse également servir à
d'autres, et même si ce n'est qu'à une lectrice ou à un lecteur, même s'il n'en témoigne pas ici, j'en suis heureux. De l'utilité de nos blogs respectifs...
Je t'embrasse chère Yoga-Rani, Emmanuel


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La Maison d'Emmanuel

     "Tu es Cela - Plus proche que proche - Déjà là" 

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Tout comme l'aigle s'en revient à son nid,

à tire-d'aile, lassé de son long voyage.

Ainsi l'âme qui dans le monde relatif et mortel des phénomènes a vécu,

s'en reviendra en elle-même,

Où elle s'endormira, libre de tout désir et de tout rêve

 

 

zafu

 

 

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