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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 04:32

A la suite des citations et résumés du chapitre 3 de "Nés pour être libres" de Jac O'Keeffe" intitulé : "Observer", voici un texte proposé par Frédéric, qui se trouve sur le blog "Eveil impersonnel et approches non-duelles".

Je le reproduis ici pour des questions pratiques, souhaitant le comprendre, tenter de le commenter.



"...alors souriant il me regarda et me dit : « Vous voyez, il n’y a rien à faire. » L’impact qu’a eu cette parole fut inimaginable. À cet instant, je sortis du rêve et aussitôt je me dis, « j’ai compris ! j’ai enfin compris ! »
-     Mais compris quoi ?
-     Compris que méditer ne servait à rien, qu’en méditant, qu’en essayant d’être détaché, qu’en essayant de me libérer de mes soi-disant conditionnements, j’étais complètement à côté de la plaque. Compris que chaque pas entrepris dans une direction m’éloignait inexorablement de ce que je cherchais, de ce que j’étais, autrement dit de tout, autrement dit de rien, ou plutôt de rien du tout, puisque c’est à partir de ce rien que tout se crée d’instant en instant. 
J’avais désormais l’ultime conviction qu’il n’y avait nulle part où je devais aller, puisqu’il n’y avait nulle part où je puisse aller. Que l’univers était d’une perfection absolue, et que dans ce cas comme le disait Jésus, si tout était parfaitement accompli il n’avait aucune personne à parfaire.
-     Plus rien à parfaire, plus rien à accomplir, la perfection la plus absolue qu’il soit. Et c’est depuis ce fameux jour que tu as cessé de méditer ?
-     Parvenu à un arrêt, je me suis rendu compte à quel point le processus de FAIRE était présent dans la méditation, et que lorsqu’on a médité durant des années, il est très difficile de s’en défaire. C’est comme stoppé un navire lancé à pleine vitesse, le moteur a beau être coupé, la force d’inertie lui fait continuer sa route un long moment."
Commentaire du 15 mai 2010 :

[Des questions tout d'abord :

Faut-il avoir médité et médité pour comprendre que "méditer ne sert à rien" ?
Est-ce qu'il faut être chercheur pour un jour ne plus chercher ?
Je répondrai qu'actuellement pour ma part je suis toujours celui qui recherche. Donc si un jour ou aujourd'hui je devais ne plus chercher je répondrai alors pour ma part "oui j'ai cherché avant de ne plus chercher".


"Car tant qu'il y a une quête, il y a un sentiment de manque.

Et c'est pour cette raison que cette recherche existe." Mooji

Est-ce qu'il est des êtres qui n'ont jamais rien cherché, et qui n'ont jamais mis en place aucune pratique pour découvrir Cela. Oui semblerait-il d'après des témoignages lus ces derniers temps. Il est semble-t-il des personnes en dehors de ces connaissances de pratique, de spiritualité x ou y qui accède à un état de perception de la perfection, de l'unité, du tout est bien. Et moi-même si j'y réfléchis n'ai-je pas été de ceux-là ?
Après réflexion, un passage par mes deux grandes rencontres amoureuses qui semblaient avoir aussi provoqué en moi la sensation du "Tout est bien" je crois relier la citation de Mooji au texte ci-dessus.
Je dis "sembler" parce que c'est un souvenir, et qu'était sûrement présente aussi la croyance pour ego de trouver à l'extérieur la solution à ses difficultés, satisfaction temporaire pour lui. Et bibi suivant alors la grille de lecture d'ego a t'il pleinement compris de quoi il s'agissait.

Est-ce que la confusion, l'illusion à laquelle nous croyons (à savoir que c'est la pratique, et même -cela ne pourrait-il être mis sur un même plan ?- que c'est un objet ou une personne extérieure qui produit "Tout est bien" ne serait pas lié à la croyance) qu'il y a un lien de causalité entre le passé et le présent ? Le lien de causalité entre le passé de l'Homme perdu, en souffrance qui cherche les moyens de ne plus l'être, avec la rencontre de ce présent offert à l'homme, cette présence sans cause ?

Ne pouvons nous pas un jour être perdu et le lendemain radieux parce que nous nous sommes abandonnés confiant, à ce qui vient et qui nous sauve ? Et ce message pouvait être porté par un de ceux qui se rapprochait alors de cela.
 
Et si la phrase : "Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri avait sa place ici ?" (Peu m'importe le contexte de cette citation de l'évangile : Saint Mathieu 8-5-17). Une amie par contre m'a dit dimanche -et du coup cela me fait penser à une autre amie qui me disait quelque chose de similaire pour d'autre de mes propos- que selon elle il faudrait reformuler cela en "Seigneur Je suis digne de Te recevoir, par Ta grâce, Je suis guéri". Qu'elle est l'utilité de cela ?
Je crois comprendre l'importance des mots en ce qu'ils peuvent être, doivent être le reflet d'une compréhension. Le "je suis indigne" ne mène nulle part si nous y croyons.
Je discutais hier soir (19/05/10) avec une amie qui m'a dit à un moment "je n'y arriverai pas" (elle a le sentiment d'avoir beaucoup de choses à faire en peu de temps), et j'ai eu une compréhension, un retour face à mon propre questionnement à ce sujet. En quoi les mots prononcés, ressassés peuvent entraîner à la paralysie parce que porteur d'une croyance paralysante.

 

Inateignable, pleinement pour celui qui cherche, qui veut maîtriser ce qui lui est découvert, pour celui qui a peur de perdre ce qui lui est un jour donné, pour celui qui ne s'abandonne pas en confiance à ce qui est, à ce qui vient.
Maître ou Dieu ,  le destin que je me choisis ou celui qu'il m'est donné de suivre ?

N'y a t-il pas là aussi le refus de voir, voir simplement, ressentir, ressentir simplement, sans désir plus grand que celui d'être celui qui accueille, et qui entend, qui donne parce que cela lui dit de donner, qui agit parce que cela lui dit d'agir, qui revient en lui parce que cela lui dit de revenir en lui, qui se tait parce que cela lui dit de se taire.

Commentaire du 17 mai 2010 :

Mais la soif de.
Comprendre en soi que Tout y mène, et que rien n'y mène.
Je pense à cette course que je mène parfois, ce sentiment d'urgence, cette accumulation de livres, de connaissances (enfin c'est relatif mais ils et elles sont déjà nombreux selon moi) (Ici je repense aussi aux Franciscains, qui géraient je crois me souvenir de cela, en édictant comme règle la non possession des livres autre que la bible sûrement).
Confirmation en partie ici sur ce site (19/05/10) :
"Pauvreté. Le mépris des richesses et la hantise de posséder des biens est une constante dans la vie de François et dans tous ses écrits. Pour lui, la possession de biens (y compris des biens intellectuels comme le savoir) peut devenir source de pouvoir et de domination et risque de tuer la fraternité entre tous les hommes. Sainte Claire aura la même aversion pour les richesses et demandera au pape le privilège exceptionnel de pauvreté pour elle et ses sœurs."

Tout est là, tout a toujours été là.
C'est bien là, voir l'article de Sonam, l'hypothèse que je prends au départ. Je ne peux la remettre en cause tant que ce qui en découle n'a été pleinement examiné.
Ne pas oublier le retour en soi. Sa propre expérience, la connaissance de soi. Les livres ne valent leur lecture s'ils éclairent en soi quelque chose, et cette chose ou ces choses éclairées, les livres sont à abandonner (pour un temps pour le moins). Ne pas oublier non plus que tout est source d'enseignement, à commencer par la vie même, l'observation de soi dans le monde.]

 

.../...

-     Et maintenant qu’en est-il ? Qu’en est-il une fois qu’a été compris ce qui devait être compris ?
-     Un immense paradoxe, l’éveil est le comble de tous les paradoxes. Ce qui le rend si insaisissable, c’est qu’à la fois tout change, et qu’à la fois rien ne change. En recherchant l’éveil on recherche un certain détachement, une certaine distanciation par rapport aux choses. Lorsque l’éveil désurvient, on se rend compte que toutes ces choses sont en « nous », que rien n’est à l’extérieur. Il ne s’agit pas à proprement parler de détachement, mais plutôt de non-relation.

Aussi tu réalises que tu es totalement à l’écart d’une société qui se sert de peurs afin de créer des besoins. S’il y a peur, il y a peur, mais sans peur d’avoir peur, sans besoin d’avoir besoin. Il n’y a plus non plus besoin d’être heureux d’être heureux, malheureux d’être malheureux. Toutes les perceptions, les émotions qui s’actualisent en « toi » deviennent pareilles à des enfants jouant dans un magnifique jardin, en n’ayant nullement le sentiment d’être regardées. N’étant plus sous l’autorité de qui que ce soit, elles peuvent cette fois s’épanouir dans l’incroyable beauté qu’est la vie. Ainsi, les joies sont de véritables joies, les peines de véritables peines, car personne n’est là pour vouloir à tout prix (sous je ne sais quel prétexte d’acceptation) ramener le malheur dans le camp du bonheur. 

Autre chose, par exemple le rythme des saisons : la nature qui t’a tant émerveillé se met à parler. C’est alors que l’hiver tant redouté est magnifique l’hiver. Et c’est justement ça qui est si beau. Au printemps, ce qui semblait endormi et qui t’a tant émerveillé se réveille avec une force incommensurable, dont est ressenti le dynamisme de chaque instant. Le vert des prairies, l’or de l’automne, ou le simple fait de se promener sous des arbres, modifient constamment les perceptions corporelles. Le corps, n’étant plus bâillonné, a maintenant tout le loisir de percevoir. Les sens sont pareils à des portes ouvertes sur l’infini.
Parfois, cette beauté conduit à une telle plénitude que le corps semble trop petit pour pouvoir la contenir. Dans ces moments-là, est ressentie la joie en même temps qu’est ressentie la douleur. Il y a des instants comme ça où sans doute les opposés se rejoignent. Tu réalises alors que tout est régis par la loi de l’équilibre. Quand un malheur résonne aux confins de l’univers, un bonheur résonne dans des autres confins de ce même univers. Car en raison de ces éternels trous à creuser et à reboucher, la manifestation est basée sur l’affrontement permanent.

Un monde où tous les hommes, les animaux, les virus deviendraient beaux et gentils romprait immanquablement ce merveilleux équilibre. 
Il y a des problèmes, cela ne fait aucun doute, mais il y a aussi des solutions qui gravitent autour d’eux en permanence. Dans l’absolu il n’y a pas une chose qui soit plus importante qu’une autre.
L’éternelle canette de soda qui traîne et que je ramasse chaque matin dans l’escalier du Conservatoire a autant d’importance comme pas plus d’importance que le grand concert qui se prépare le soir à l’auditorium. Même si l’homme est en chute, cette chute a autant d’importance comme pas plus d’importance qu’une feuille se détachant d’un arbre à l’automne. Il n’y a que UN, tout est ok, tout est parfait. Dans cette incommensurable beauté, tout est infiniment simple pour qui laisse ses yeux regarder.
- Plus de témoins, plus d’arbitres ni de libre-arbitre non plus, le spectateur a quitté la salle. Le sachant, il semblerait pourtant que tout a changé, alors que rien n’a changé.
Oui, et le plus fou, c’est de réaliser que ce spectateur qui a vécu tant d’années n’a en réalité jamais existé, au point que même le spectacle ne l’avait jamais remarqué.
            

© Extraits tiré de l'ouvrage L’éveil pour les paresseux, de Franck Terreaux. Publié avec l'accord des Éditions Charles-Antoni l'Originel.

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Publié par Emmanuel - dans Jac O'Keeffe
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commentaires

graux danielle 17/05/2010 08:00



beau  courage  emmanuel,cette  volonté  sincère  de  vouloir  est  le  moteur  principal.


très  agréable  journée  .



Emmanuel 18/05/2010 06:04



Bonjour Danielle. 


Belle journée à vous aussi !



Yog 15/05/2010 17:00



Merci Emmanuel. Tout est bien, je m'abandonne confiante, donc rien à rajouter


 






 


...Si. Sans rechercher particulièrement un état, je sais qu'en yoga je suis davantage là, donc je poursuis sans attente mais en sachant. Chemin et but réunis.


 


 



Emmanuel 16/05/2010 08:37



Bonjour Madame Yog. Les mots s'absentent en moi ce matin trop usé de l'intellect. Dire simplement que je te remercie pour ton commentaire, que je suis heureux de ta présence ici et à toi-même.


Rajouter ce soir que je suis aussi dans cet état d'esprit je crois quand je reviens dans mon observation quotidienne, sur mon souffle, ou sur mon corps, ma marche. Mais j'ai en tête que cela
s'abandonnera aussi un jour.


Bonne soirée Madame Yog !


 



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Tout comme l'aigle s'en revient à son nid,

à tire-d'aile, lassé de son long voyage.

Ainsi l'âme qui dans le monde relatif et mortel des phénomènes a vécu,

s'en reviendra en elle-même,

Où elle s'endormira, libre de tout désir et de tout rêve

 

 

zafu

 

 

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